Le message de « guerre » lancé par Sami Tahri !

Par: Noureddine Hlaoui
Publié le 25 Février, 2017 - 17:21

 

Dans un post rendu public sur sa page officielle Facebook, aujourd’hui samedi 25 février 2017, le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri lance un appel trop bref mais chargé de significations.

« Serrez les rangs… Unissez-vous…Préparez-vous…Le message est clair ». C’est la traduction intégrale du message en question posté en arabe.

Une lecture première de cet appel laisse entendre qu’il s’agit d’un véritable S.O.S. de la Centrale syndicale en réponse à l’annonce de ce qu’on appelle un remaniement ministériel, alors qu’il s’agirait d’un simple pourvoi de vacations de portefeuilles ministériels.

Il faut dire que l’annonce de la démission, de fait, du ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, l’ancien syndicaliste, Abid Briki, a fait précipiter cette annonce par Youssef Chahed et, tant qu’à faire, il a procédé à la nomination d’un ministre des Affaires religieuses, poste vacant depuis plus de trois mois et demi suite au limogeage d’Abdeljalil Ben Salem, pour « atteinte aux fondements de la diplomatie tunisienne », au lendemain de propos faisant le lien entre le wahhabisme saoudien et le terrorisme.

Quant au remplacement de Fayçal Hefiane, secrétaire d’Etat au Commerce, il était attendu suite aux bruits insistants quant au blocage dans ses relations avec le ministre de l’Industrie et du Commerce, Zied Laâdhari.

Ainsi, à la démission d’Abid Briki, sur instigation de l’UGTT pour protester contre le refus de Youssef Chahed de se séparer de son ministre de l’Education, Néji Jelloul, dont la tête est réclamée par l’état-major de l’Organisation syndicale, le chef du gouvernement semble opter pour l’escalade en faisant appel à une des figures emblématiques de la Centrale patronale, Khalil Ghariani qui prend, ainsi, les rênes d’un département-clé dans la gestion de la Fonction publique.

La nomination d’Abdellatif Hmam verserait dans le même sens puisqu’il était successivement, patron du Centre de la promotion des exportations (CEPEX) et de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), deux postes qui font de lui un proche des hommes d’affaires, donc, de l’UTICA.

Pour le poste de ministre des Affaires religieuses, il a été confié à Ahmed Adhoum, juriste de formation et ancien magistrat. Il avait fait, par ailleurs, un passage au ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières au sein du gouvernement provisoire de Béji Caïd Essebsi, en 2011.

D’autres remarques s’imposent. Les analystes estiment que la touche du président de la République est visible dans les nouvelles nominations introduites au gouvernement d’union nationale et ce, en faisant appel à des hommes proches de lui tout en maintenant Fayçal, ex-conseiller auprès de la présidence de la République qui se voit introduit auprès du chef du gouvernement même.

En tout état de cause, la situation entre le gouvernement et les syndicats serait appelée à un peu plus de tension dans la mesure où l’UGTT a vite réagi à la décision du patron de La Kasbah avec ce message de Sami Tahri, une des figures, dites « faucons » de la Centrale syndicale. Un message entre les « mots » lançant un appel à la mobilisation des troupes. Quelle suite aura cette « déclaration » de guerre dans les « rangs » des partisans de l’UGTT ? Et quelle suite réservera le pouvoir, le cas échéant ?

C’est ce que les observateurs attendent avec curiosité mêlée d’inquiétude…

 

 

 

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