Le temps n’est plus aux promesses

Le temps n’est plus aux promesses

 

Face aux députés, le chef du gouvernement désigné Youssef Chahed, a prononcé une allocution dont le ton a tranché avec celui de son prédécesseur Habib Essid. Serein, il s’est adressé aux élus de la nation et aux Tunisiens dans un langage qui leur est proche, sans fioritures et empreint d'une grande franchise et d'une sincérité spontanée, révélatrices de l'idée qu’il se fait des hautes charges et responsabilités qu’il est appelé à assumer en cette étape difficile de l’histoire du pays.

Son intervention a été aussi prononcée sur un ton direct et sans ambages. Il a interpellé la conscience des Tunisiens sur les plus grands défis qui les attendent, et la responsabilité qui leur incombe pour  faire sortir le pays de la crise dans laquelle elle s’enlise de plus en plus. 

Après avoir fait un diagnostic fort sévère de la situation générale du pays, il a tracé les grandes lignes de son programme axé essentiellement sur les cinq priorités définies dans le «  Pacte de Carthage » qui a été signé par les partenaires du dialogue sur l’initiative du président de la République relative au gouvernement national. Il sait que les Tunisiens commencent à perdre patience, s’ils ne l’ont déjà perdue, et que les jeunes, en particulier, désespèrent d’une situation dont les horizons sont bouchés. Il a évité de tomber dans des redites ou encore de puiser dans des slogans usités et qui ne collent plus. Mais il a plutôt puisé dans le fond d’une pensée qu’on croyait en déperdition, en martelant le slogan cher à feu Chokri Belaid «  il faut que nous nous mobilisions pour la Tunisie ». Dans « une chute » qui a fait l’objet d’une ovation et des salves d’applaudissements que tout le monde a senti, comme étant sincères. Un bon point marqué d’emblée.

Il ne suffit plus d’énumérer les difficultés ni de semer la peur dans l’esprit des Tunisiens, en leur promettant des temps durs, plus durs encore que ce qu’ils sont en train de vivre depuis plus de cinq ans. Il faut leur transmettre des messages d’espoir pour raviver en eux l’amour de la patrie, l’attachement aux valeurs communes et cette culture de travail et de solidarité qui a toujours fait leur force.

Les Tunisiens ne veulent plus de discours mais des actions concrètes. Ils n’attendent pas de promesses, ils n’y croient plus. C’est pourquoi, le temps n’est plus aux promesses qui compromettent la confiance des citoyens dans l’Etat, de ses structures et de ses représentants. Il est aux programmes clairs et définis qui répondent à la lassitude des citoyens et le ras-le-bol des jeunes.

B.O.

 

 

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