Plus de deux docteurs des universités sur trois sont au chômage

Plus de deux docteurs des universités sur trois sont au chômage

 

Plus de deux titulaires de doctorat des universités sur trois, soit 69% sont au chômage, c'est-à-dire 3292 sur 4775. C’est ce que révèle la coordination des doctorants et docteurs de l’Université El Manar lors d’un débat organisé lundi à la Faculté des Sciences d’El Manar sur la réforme de la recherche scientifique.

Le nombre des doctorants s’élève quant à lui à 11171 étudiants, a fait savoir la représentante de la coordination, Wided Galmami. Ce nombre, a-t-elle dit, est susceptible de s’accroitre faute de perspectives d’emploi, rappelant à cet égard, les mouvements de protestations observés, récemment dans plusieurs universités tunisiennes à l’instar des universités de Bizerte, Monastir et Gabes.

Elle a, dans ce contexte, cité la marche de protestation organisée le 13 mars dernier en direction de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) afin de revendiquer l’application de la loi relative aux chercheurs et l’amélioration de la situation des doctorants. Galmami a, par ailleurs, appelé à la nécessité d’impliquer les titulaires de doctorat dans la réforme du système de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique engagée par le ministère, et ce, a-t-elle dit, dans l’objectif de mettre en place une réforme qui soit en phase avec la réalité de l’Université tunisienne et les exigences du marché de l’emploi.

Lors de ce débat, les représentants des doctorants et titulaires de doctorat ont été unanimes à souligné que le doctorat est devenu aujourd’hui une “malédiction” en Tunisie, en raison de plusieurs obstacles liés notamment à une mauvaise gouvernance et à l’absence d’une réelle volonté politique pour résoudre le problème de chômage. Selon eux, cette “dure réalité” a entrainé la dégradation de la recherche scientifique et l’enseignement universitaire, le manque de rayonnement international de l’université tunisienne et l’augmentation du taux de chômage chez les titulaires de doctorat, outre la fuite des cerveaux.

En réaction aux interventions de ces chercheurs et docteurs, le Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’enseignement et de la recherche scientifique, Khalil Amiri a souligné que son département a mobilisé 5 millions de dinars afin de prendre en charge 80 % du salaire des docteurs et doctorants qui intègrent un établissement public ou privé, pour une période d’une année renouvelable.

Il a, par ailleurs, estimé que le financement national de la recherche scientifique reste “insuffisant”, soulignant que son département s’emploie actuellement à développer la gouvernance, à améliorer la situation du chercheur et à faciliter les procédures bureaucratiques.

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