
Les militants d’Al-Joumhouri (Fédération France Nord) ont accueilli avec une immense tristesse la disparition de plus de 70 migrants (dont femmes et enfants) à l’issue du naufrage de leur embarcation le 7 septembre dernier.
Cette tragédie récurrente met en lumière le retard dans le traitement sérieux d’une question qui endeuille de plus en plus de familles tunisiennes des plus démunies.
La fédération met le gouvernement face aux responsabilités qu’il n’a pas su assumer pleinement et:
1. appelle le gouvernement à sanctionner de la manière la plus exemplaire les passeurs et mettre tous les moyens du ministère de l’intérieur et de la défense, en premier desquelles le renseignement intérieur pour détecter les tentatives de départs et les empêcher à temps et démanteler les réseaux de ces passeurs.
2. appelle le secrétaire d’état, Mr Jaziri, à mettre de côté la logique partisane qui semble guider son action et à reprendre l’initiative en vue d’associer les organisations de l’immigration expertes et reconnues d’utilité publique sur le sujet et les collectifs de familles de disparus pour construire un programme national de prévention et d’action de nature à réduire le phénomène et établir la vérité sur l’ensemble des disparitions.
3. appelle l’ensemble des médias à se mobiliser dans le cadre d’une campagne de sensibilisation en produisant notamment des spots télés et des encarts visant à limiter ce fléau touchant un nombre trop important de nos jeunes.
Il est évident par ailleurs que l’aggravation de ce phénomène est liée à l’absence de volonté de la part du gouvernement à instaurer un dialogue national sur les questions économiques et sociales préférant tourner le dos à l’ensemble des initiatives qui sont depuis longtemps sur la table, en particulier celles de l’UGTT.
Cette tragédie rappelle enfin les limites des politiques européennes de l’immigration qui se sont forgées dans le déni et la peur de l’immigration. La Tunisie ne peut aujourd’hui subir l’impact négatif de ces politiques sans approcher ses partenaires européens en vue d’étudier de nouvelles approches audacieuses visant à rétablir une dynamique migratoire positive et décrispée, qui sert les intérêts mutuels, et qui prend en compte les bouleversements politiques survenus en Tunisie.
Une telle dynamique ne pourra se faire qu’en réhabilitant le flux inverse à travers une politique de libre circulation et en améliorant les accords sur le travail saisonnier ou temporaire par exemple.
Communiqué
Parti Al-Joumhouri
Fédération France Nord
Paris le 11/09/2012
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