Les élections du 23 Octobre ont été un véritable examen de la maturité politique des tunisiens, quelques mois seulement après la chute du régime de Ben Ali. Certains comme Ennahdha ou le CPR ont su rafler la mise et se sont imposés comme les deux forces politiques principales du pays.
Mais d’autres, ont su tirer leur épingle du jeu également, parfois à l’insu de tous. Ainsi, le parti Al-Aridha, véritable objet politique non identifié, a réussi à s’accaparer 26 sièges d’un seul coup. Le principal argument des candidats de ce parti était qu’ils porteraient à la présidence de la république M. Hechmi Hamdi, avec des propositions tendant vers le populisme, comme la gratuité des soins, du transport, de l’éducation…etc.
Tout ce que M. Hamdi a eu à faire, était d’apparaitre sur sa chaine de télévision basée à Londres, Al-Mustakilla, et de parler de politique à des spectateurs parfois médusés mais de plus en plus enthousiastes.
Ainsi Hechmi Hamdi n’épargnera aucun effort pour séduire les téléspectateurs tunisiens. Il chantera même « Talaa Al Badrou Alayna » dont il connait les paroles par cœur, en live, pour fêter avec ses téléspectateurs la fin du ramadan.
Faisant face à une opposition féroce de la part des opposants historiques du régime de Ben Ali, il avait décidé de retirer ses candidats (pourtant élus), sans doute par dépit, de l’Assemblée constituante, avant de se rétracter.
Plusieurs personnalités politiques ont qualifié Al-Aridha de parti fantoche, une sorte de RCD avec un masque. Ennahdha, parti vainqueur des élections, voit également d’un mauvais œil la percée de ce parti avec lequel elle refuse de s’associer au sein de la majorité.
Après la restitution de 7 sièges à Al-Aridha, dont elle a été privée après des recours, Hechmi Hamdi gratifiera ses téléspectateurs d’une « Taâlila » pour exprimer sa joie sans doute, et tous ses vœux de bonheur à l’Assemblée élue.
Tout ceci pour dire, que ne pas avoir de programme politique, de moyens financiers et logistiques et de militants, n’est pas un problème pour gagner des sièges dans une élection en Tunisie . Il suffit juste d’avoir une chaine de télévision basée à l’étranger et de chanter quelques chansons. C’est ce qu’a fait Hechmi Hamdi… et encore, il n’a pas dansé.
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