
Dans une arène politique où la valeur principale est de tuer l’autre pour affirmer sa suprématie et imposer sa volonté, il n’est pas étonnant de voir des prédateurs et des ogres brandissant leurs armes à la main pour se donner en spectacle devant une assistance médusée ,déçue et trahie par tant d’égoïsme et de suffisance.
C’est d’une naïveté navrante de croire que ce dialogue de sourds allait réussir et sortir le pays de ce gouffre et de la crise interminable qui le secoue. Animés d’un égoïsme primaire et dépourvus de tout sentiment de responsabilité envers le peuple et la patrie, nos gladiateurs politiciens de tous bords continuent à camper sur des positions hautaines et s’entêtent à s’imposer des choix douloureux en feignant les règles élémentaires d’un dialogue : s’accepter, se tolérer et consentir des concessions pour avancer ensemble.
A la croisée des chemins de ce dialogue tant attendu, le peuple, confronté à la cherté de la vie et aux menaces terroristes, se sent abandonné par cette élite politique plus prompte à abuser des micros et des plateaux de télévision pour se dénigrer et caresser ses égos et son nombrilisme que de s’armer d’altruisme et de patriotisme pour servir dignement ce peuple qui finira par croire que le 14 Janvier 2011 fut un mauvais jour.
Le patriotisme et l’intérêt suprême du peuple peuvent-ils survivre dans une arène politique dominée l’égoïsme et la volonté avouée de dominer et de refuser l’autre ? Nos politiques sont ils capables de guérir le pays de ses maux quand eux-mêmes sont malades de suffisance et d’incurie ?
Peuvent-ils promettre l’harmonie sociale et l’art de bien vivre ensemble quand eux-mêmes sont incapables de respecter les règles élémentaires du consensus et du dialogue? Autant de questions qui interpellent le Tunisien sur l’honnêteté de ces politiciens et leur capacité à rassembler leurs concitoyens sur des projets fédérateurs.
Traite les autres comme tu voudrais être traité et ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. C’est sûrement les fondamentaux de base pour un dialogue réussi et respectueux.
Le don de soi, l’honnêteté, la responsabilité, le sens du devoir, la générosité et l’amour de la patrie paraissent des valeurs désuètes et étrangères au sein de cette classe politique où règnent l’allégeance au chef suprême, les calculs politiciens et la volonté affichée pour la destruction.
Nos politiciens sont appelés à faire preuve de générosité envers ce peuple et se rappeler que sans lui ils ne seraient rien ou presque. Les Nahdaouis qui croupissaient dans les geôles ou exilés à l’étranger et qui recyclent maintenant les Rcdistes, les Cpreistes qui flirtaient avec Sakhr El Materi et qui caressent aujourd’hui le symbole de l’ancien régime Naceur Chakroun, les Nidaistes qui se terraient dans un silence complice et veulent blanchir l’histoire équivoque de certains de ses membres,les Frontistes qui complotaient contre les Islamistes et qui composent maintenant avec l’argent sale, les Pdpistes qui excellaient dans le lobbying de l’internationale socialiste et qui deviennent aujourd’hui porte-drapeau des capitalistes , ne doivent leur éclosion , leur notoriété , leur aura et leur prestige qu’au sacrifice de ce peuple et au sang de ses martyrs qui doivent regretter dans leurs tombes, à la vue de ce spectacle désolant. Tant de don de soi et de leur vie pour un tel résultat.
Il est incontestable que le chemin menant au consensus national et à l’art de bien vivre ensemble risque d’être bien long encore. La générosité faisant défaut chez notre classe politique, le pardon ayant laissé place à la vengeance, la terreur ayant supplanté l’argumentaire, l’anarchie ayant eu raison de l’harmonie et la dictature des micros ayant été instaurée pour séduire les idiots, nous balisons inéluctablement les contours d’une société violente, égoïste et extrémiste, ingouvernable.
Jalel JEDDI
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