
La Tunisie depuis la révolution de la dignité est à l’honneur sur la scène internationale : G8, discours de soutien des différents leaders
internationaux, festival de Cannes etc.
En effet, lors de ce dernier, un documentaire de Mourad Ben Cheikh intitulé « plus jamais peur » a été présenté devant la presse internationale en séance spéciale Sélection officielle – Moments forts de la révolution.
Le documentaire de 1h35 revisite les moments forts de la révolution à travers le témoignage de trois personnages : Radhia Nasraoui, avocate et présidente du Comité tunisien de lutte contre la torture, Lina Ben Mhenni, blogueuse et activiste, Karem Chérif, journaliste.
Mais au fil du documentaire, entre les trois histoires qui se mélangent, on a un sentiment de déjà vu. Pas un déjà vu des faits mais un déjà vu des méthodes utilisées. Sous couvert de retracer les évènements, l’objet principal reste néanmoins la souffrance et la persécution des différents protagonistes.
Je respecte l’histoire de ces personnes, les souffrances qu’il ont dû vivre, la clandestinité à laquelle ils étaient contraints, les combats continuels pour une cause ô combien respectable et chère au peuple tunisien. Mais dans le contexte actuel, ce film prouve que plusieurs causes conduisent à une même conséquence: l’effet produit est le sentiment d’assister à une campagne populiste et démagogue.
Comme bon nombre d’hommes politiques d’aujourd’hui , anciens activistes et anciens opposants sous le régime précédant, les souffrances et les persécutions vécues deviennent leur programme électoral.
Or pour relancer et l’économie et le débat politique, il faut dépasser cet « égoïsme » et voir au delà des histoires personnelles pour servir l’intérêt général. Cet intérêt général que beaucoup de personnes ont occulté ne fait que perpétuer les mêmes méthodes que l’ancien régime.
Pour le dire plus crument, il faut voir plus loin que le bout de son nez. Et c’est la leçon n1 pour nos politiques au jour d’aujourd’hui, au lendemain de plusieurs décennies de muselage de la parole , d’endoctrinement des cerveaux et de répression sauvage.
Les moments forts riches en émotions et en humanité sont relatés très rapidement alors que l’on devrait s’en attarder sur les petites anecdotes sur chaque personne qui a vécu la répression et les géôles du Ministère de l’Intérieur. Je réitère une fois de plus mes respects pour ces « anciens combattants.
Ceci est à leur yeux une opportunité gratuite , qui plus est, de jouir d’une notoriété jamais atteinte jusque là au détriment des véritables maux qui se multiplient dans nos contrées.
Un documentaire sur la révolution est indispensable mais un outil de propagande ……plus Jamais !
Par Emna Z
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