Après avoir passé des mois à démentir les frasques qui lui sont prêtées avec des jeune filles ou des prostituées, Silvio Berlusconi a concédé mercredi n'être "pas un saint", mais il s'est dit résolu à rester au pouvoir jusqu'à la fin de son mandat.
Lors de sa première intervention en public depuis que la presse italienne a reproduit des enregistrements de ses conversations intimes présumées avec une "escort girl", le Cavaliere, défiant, a tenté de se tirer de ce mauvais pas par une des pirouettes qui portent sa marque de fabrique.
"Il y a des tonnes de jolies filles et d'entrepreneurs ici", s'est-il exclamé lors de l'inauguration d'un chantier autoroutier. "Je ne suis pas un saint, vous l'avez tous compris. J'espère que les gens de La Repubblica le comprennent aussi."
Rare titre n'appartenant pas à l'empire médiatique du chef du gouvernement et deuxième tirage de la presse quotidienne généraliste de la Péninsule, le journal de centre gauche conduit depuis des semaines une campagne pour réclamer que Berlusconi s'explique sur plusieurs aspects sulfureux de sa vie privée.
Les sites internet du quotidien et de l'hebdomadaire L'Espresso, du même groupe de presse, ont diffusé lundi des enregistrements présumés de conversations entre Silvio Berlusconi une hôtesse qui affirme qu'elle et d'autres femmes ont été payées pour se rendre à des fêtes au domicile romain du président du Conseil.
Silvio Berlusconi, qui se défend en assurant avoir ignoré qu'elle se prostituait, a évoqué mercredi des chantiers prévus en 2013, affirmant avec aplomb : "Nous serons tous encore là, car que feraient les Italiens sans nous?"
Pourtant, selon un sondage d'IPR Marketing publié mardi par La Repubblica, sa cote de popularité, ébranlée par les scandales, est tombée à 49%, une baisse de quatre points par rapport au mois de mai. Un Italien sur deux n'a désormais plus confiance en lui.
Silvio Berlusconi, qui est âgé de 72 ans, a accusé La Repubblica et L'Espresso de mener contre lui une campagne subversive de potins pour tenter de le chasser du pouvoir. Mercredi, le groupe de presse mis en cause a annoncé des poursuites contre le président du Conseil pour diffamation et abus de pouvoir.
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