
L’assassinat aujourd’hui de Chokri Belaid, avocat, militant des droits de l’homme, leader politique et figure emblématique de l’opposition tunisienne est symptomatique de la faillite , des errements de toute notre classe politique et nos élites et leur incapacité flagrante à désamorcer cette bombe à retardement qu’est la violence ,la haine et l’appel à la division qui menace la paix civile et la stabilité du pays.
Plus qu’un crime odieux, ignoble et barbare, c’est surtout un acte terroriste et un acte de guerre car assassiner un homme politique quel que soit ses convictions et ses idées n’est pas neutre et trouve souvent ses motivations dans le lit de violence nourrie par toute notre classe politique et nos élites qui ne disposent pas du minimum requis pour un débat d’idées cordial et respectueux, de certains Imams qui profitent des mosquées, lieu de prière pour prôner la violence et des prêches pour semer la haine, de certains hommes politiques qui sans scrupule et avec démagogie appellent au meurtre et au refus de l’autre et des ligues de protection de la révolution qui t sèment la terreur et se servent de la violence pour discréditer toute opposition politique et idéologique .Loin de crier à la spirale de la violence et à une guerre civile qui nous guette, le doute et la suspicion sont là et l’histoire de cette révolution tant acclamée est à jamais entachée par le sang de Chokri Belaid et son assassinat à des fins politiques est inexcusable et les divergences, les antagonismes et les positions radicalement opposées ne peuvent justifier une telle horreur.
Dans ce climat de tension, d’incertitude et de déchirement, les plus pessimistes pensent que la Tunisie traverse un des pires moments de son histoire car ces violences répétées et cet assassinat politique ignoble sont une réponse à l’échec cuisant de la raison et constituent les prémices d’une guerre fratricide où le débat d’idées laisse la place au débat des armes et où la force des mots est remplacée par la force des mains et les plus optimistes croient que la Tunisie pourrait s’épargner une telle guerre ,éviter une telle violence pour peu que nos sages ,patriotes et nationalistes et par ces temps où les symboles et les gestes comptent tant, prennent leurs responsabilités , enterrer la hache de guerre , condamner et dénoncer la violence sous toutes ses formes verbale et physique , tempérer leurs discours , pacifier le débat politique ,bannir l’extrémisme et montrer aux Tunisiens que la mort de Chokri ne sera pas vaine et ne fera que renforcer notre unité, notre solidarité et notre aptitude à défendre de toute nos forces cette démocratie rêvée et cette Tunisie Chérie avec toutes ses composantes ,ses contradictions et ses différences.
Jalel Jeddi
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