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Rencontre avec un clandestin tunisien qui voulait rentrer au pays

15 février 2012
in Chroniques
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Ces clandestins, qui cherchaient une voie de passage entre les deux rives de la méditerranée, bravant la mer, qui souvent ne pardonnait point

cette audace, pour finir dans les meilleurs des cas sur une terre hostile. L’accueil réservé aux jeunes tunisiens enfuis après la révolution était tel que certains d’entre eux ne songent qu’à rentrer en Tunisie.

Mme Wejdane Majeri, tunisienne résidente en Italie, membre de l’association « Associazione PONTES dei tunisini in Italia » suit de près le dossier des jeunes tunisiens partis des côtes tunisiennes durant le mois de mars 2011 vers l’Italie.

Il y a quelques jours Mme Majeri raconte sa rencontre avec un adolescent tunisien à Milan qui ne cherchait qu’une seule chose. Rentrer à Tunis. Ci-après le récit:

« Ce matin je l’ai rencontré, il avait à peine 15 ans, visage souriant et œil au beurre noir. J’ai tout de suite vu qu’il était tunisien, trainant une petite valise surmontée d’un sac en plastique jaune. Je l’ai interpellé, comme je le fais souvent, dans cet angle de la place de la station centrale de Milan, « le coin des tunisiens ». Il était seul avec sa mine désemparée. « je veux rentrer à Tunis », me dit-il, « j’attends que mon oncle m’envoie les vingt euros qui me manquent pour le billet ».

Il n’hésite pas à me faire voir son laisser-passer fraichement délivré au consulat, il ne me demande rien, il ne veut rien… Et pourtant il me raconte comment un vieux monsieur tunisien a été maltraité devant lui au consulat. Ceci semblait son unique préoccupation.

Un jeune Harrag de mars 2011 qui a grandi avant son âge, qui a vécu à Padova, cœur de la délinquance tunisienne liée à la drogue, il ne nie pas avoir mis les mains dans la saleté du « risque ».Il ne nie rien, au contraire.  Je veux voir son argent pour m’assurer qu’il ne ment pas et effectivement il n’a que cent dix euros, trop peu pour son billet.

Il me donne l’argent en main, dans un acte de confiance rarement vus dans nos concitoyens.

C’est un enfant et il me confie tout ce qu’il possède, son identité retrouvée et son argent.

Ce matin il a pris le vol pour Tunis, me promettant qu’il allait rester auprès de sa mère qui l’attendait. Un voyage de retour d’un jeune garçon qui a décidé de vivre…Le froid du monde diminue dans les bras d’une mère. »

Wejdane Majeri
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