
Dans la soirée du mardi 27 décembre vers 21 heures, depuis le palais de la Kasbah, M. Hammadi Jebali, face à deux journalistes de la télévision nationale, s’est adressé en direct à la nation à travers une séance de questions-réponses.
Bien qu’il n’ait pas la facilité de communiquer et l’éloquence de son prédécesseur, M. Jebali, visiblement très bien préparé, n’a pas démérité et s’est montré rassurant.
Le Chef du Gouvernement n’a eu aucun mal à répondre avec assurance aux différentes questions posées. Une heure durant, M. Jebali a eu à parler de la composition du gouvernement, du programme du nouveau gouvernement, des droits des blessés et martyrs de la révolution, de justice transitionnelle mais aussi de création d’emploi, de situation sécuritaire, sit-in etc.
Au sujet de la politique étrangère et l’intention de resserrer les liens avec les pays du Golfe, Hammadi Jebali rétorque avec un sourire plutôt nerveux « c’est devenu une accusation les pays du golfe » avant d’enchaîner « Nous ne sommes pas venus avec de nouvelles données géopolitiques ». Sur sa lancée M. Jebali parle de « l’environnement extérieur » de la Tunisie et rappelle que la Tunisie a deux pays frontaliers à savoir la Lybie et l’Algérie qu’il a qualifiés de « espace vital et stratégique ». Le deuxième espace vital selon M. Jebali n’est autre que l’Europe, un partenaire avec lequel il faut renforcer les relations.
M. Jebali a enfin parlé d’un troisième espace vital qui était selon lui « un espace absent ou délaissé ou encore offensé », il s’agit de l’espace arabe et plus précisément les pays du Golfe….. « Ceux là sont nos amis et nos frères » assure le chef du Gouvernement.
En citant expressément l’exemple du Qatar, le chef du Gouvernement qualifie « d’irresponsable » la réaction de certains tunisiens qui taxent de colons « ceux qui veulent nous aider dans notre malheur et qui apportent leur soutien au peuple tunisien ».
« Il n y a pas lieu d’avoir des complexes quant aux différents partenariats que nous essayeront de développer » ajoute le chef du Gouvernement « du moment où ceux-ci ne touchent pas à la souveraineté du pays ».
Rassurant jusqu’au bout, Hammadi Jebali rappelle que la révolution tunisienne avait pour slogan « la dignité ». « la dignité pour le peuple mais aussi la dignité de la nation que nous allons conserver ». Sur le même ton Jebali termine le chapitre du Qatar: « Nous défendrons la souveraineté de l’Etat mais cela n’empêche que nous allons ouvrir nos portes aux investisseurs étrangers pour relancer l’économie du pays. »
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