
Au lieu de courtiser le téléspectateur, l’auditeur et le citoyen en général, futur électeur potentiel, par un argumentaire et un comportement exemplaire, nos politiques toutes tendances confondues, nouvelles vedettes médiatiques aveuglées par une notoriété soudaine et imméritée, oscillent entre attitude dictatoriale et mesquinerie de bas fond.
La courtoisie et la politesse ont cédé la place à la médiocrité et l’arrogance et les insultes et l’humiliation ont supplanté la force de l’argumentaire.
Pourquoi nos débats publics se vident-t-ils de toute substance ? Pourquoi au lieu d’argumenter, nos nouvelles vedettes cathodiques sombrent dans l’insulte et la grossièreté ? Pourquoi autant de mépris envers les millions de Tunisiens ? Pourquoi, ce nivellement vers le bas du débat public ? Pourquoi nos élites s’enfoncent dans le tunnel noir de la médiocrité ?
Le jury populaire a prononcé son verdict : «Non admissible et d’une nullité flagrante ». Ces nouveaux candidats risquent de polluer le paysage et n’ont pas le niveau requis pour un débat public. Ils doivent redoubler d’efforts et apprendre les règles élémentaires du civisme, du respect et du débat contradictoire pour mériter de se montrer et de paraître.
Face à l’immensité des défis à relever pour sortir le pays de ce tunnel sombre dans lequel il s’enlise et face à la médiocrité du débat public, le Tunisien est saisi d’un sentiment d’impuissance et d’effroi.
Partout où il plonge son regard, où il tend son oreille et où il déambule sa silhouette, c’est le même spectacle désolant qu’on lui offre ; un cocktail plus meurtrier et plus dévastateur que le Molotov. Le cocktail de la médiocrité, de l’arrogance, des valeurs négatives, de l’incompétence, du manque de courtoisie et de civisme et du bannissement de la méritocratie et des bonnes manières.
Un cocktail à la forme d’une bombe à retardement dont la minuterie s’est déclenchée depuis longtemps et qui risque de causer des dégâts irréparables pour le pays et pour le peuple. Une bombe chaotique qui plongera inexorablement le pays dans la spirale du sous-développement.
Foncièrement bons, éduqués, intelligents et dotés d’un sens critique, les Tunisiens doivent s’immuniser et rester imperméables face à ce fléau de bassesse et désamorcer cette bombe à retardement appelée médiocrité pour tirer leur pays vers le haut et montrer aux politiques qu’ils méritent plus d’égard et de respect.
Jalel Jeddi
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