
Mongi Rahoui, leader du Front Populaire, offre un soutien au nouveau Premier ministre, Mehdi Jomaa, à condition que celui-ci s’attaque à certains dossiers urgents, comme le terrorisme.
Dans une déclaration accordée à Espace Manager, le député à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) et leader du Front Populaire a exprimé de prime abord son désaccord ainsi que celui de son parti sur le choix de Mehdi Jomaa qui, a-t-il souligné, « n’était pas le fruit d’un véritable consensus». « Ce qui ne nous empêche pas de le soutenir », a-t-il ajouté.
Mongi Rahoui a estimé, par ailleurs, que le futur chef du gouvernement sera jugé en fonction du degré d’engagement de son gouvernement dans le traitement des dossiers urgents. Ce dernier devrait s’engager à suivre la feuille de route, « sinon on passera à une opposition plus claire, une opposition directe», a précisé le leader de Gauche.
S’agissant des dossiers qualifiés d’urgents, notre interlocuteur s’est attardé essentiellement sur la question sécuritaire dans le pays, notamment la lutte contre le terrorisme. «Un dossier qui n’a jamais été traité sérieusement pas les gouvernements précédents», a-t-il indiqué.
A ce propos, Mongi rahoui a appelé le nouveau chef du gouvernement à ne pas adopter la politique de l’actuel gouvernement ni celle de son prédécesseur présidé par Hamadi Jebali, « les deux avaient les yeux à moitié ouverts et à moitié fermés».
Sur le plan économique, le député a affirmé que le pays se trouve dans une situation critique et se dirige vers le pire. « Aussi, une intervention d’urgence de l’Etat notamment pour baisser les prix de certains produits de base serait-t-elle une priorité »,a-t-il préconisé.
Il a invité par ailleurs le futur chef du gouvernement à réviser impérativement les nominations partisanes visant à contrôler l’administration, à dissoudre les ligues de protection de la révolution qu’il a qualifiées «de milices proches du parti Ennahda ».
Combattre le terrorisme, assurer la sécurité et la transition démocratique, relancer l’économie, organiser les élections… le nouveau Premier ministre tunisien, Mehdi Jomaa, choisi samedi dernier suite à un long et pénible dialogue national, a du pain sur la planche. Mehdi Jomaa « déjà en sursis… ».
Cheker Berhima
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