
A la chute de l’ancien régime, tous les Tunisiens dans un élan d’unisson sans précédent , de solidarité exemplaire et de fierté jubilatoire , caressaient le même rêve, celui d’une nouvelle classe politique sincère, juste, avertie, compétente et résolument tournée vers l’intérêt suprême de la Patrie, le bien être de tous Tunisiens et le bannissement des anciennes pratiques clientélistes et affairistes.
Malheureusement, Ils vont vite déchanter, voire ce rêve commun se briser et découvrir que cette classe politique, qu’ils ont porté en triomphe et à qui ils ont offert au prix de leur vie et de leur sang le pouvoir n’est pas aussi avenante, n’est pas aussi patriote et n’est pas aussi reconnaissante qu’elle le prétend. C’est une classe politique qui obéit plus aux diktats des partis qu’à l’intérêt de la nation et qui démontre qu’elle est plus préoccupée par le pouvoir et les fastes de la République que par les revendications et les préoccupations du peuple.
Bien qu’ils aient connu les affres de l’exil, de la répression, de la clandestinité, du harcèlement et malgré leurs combats louables pour la dignité et contre le pouvoir clanique et les abus du parti unique, les nouveaux hommes politiques se révèlent comme leurs prédécesseurs de farouches défenseurs du pouvoir absolu , d’experts avertis dans l’art de la tromperie , de courtisans dociles de leurs chefs respectifs et de défenseurs acharnés de leurs privilèges.
Derrière la piété affichée, l’honnêteté de façade, l’amour inconditionnel de la classe ouvrière, le militantisme sans retenue , l’altruisme affiché, la posture de défenseur des droits de l’homme et le patriotisme revendiqué , se cachent désormais une obsession maladive du pouvoir absolu , un clanisme notoire, un despotisme inavoué et un égoïsme primaire que les discours, les alliances et les pratiques malsaines ne sont pas parvenues à gommer.
A voir la bataille de coqs que se livrent nos valeureux politiciens , aux alliances contre nature, à l’attachement viscéral au pouvoir des uns , à la course effrénée pour y accéder des autres, au double langage et au mépris de ces politiciens de la situation chaotique du pays, des menaces sécuritaires qui le guettent et de la grave crise économique et sociale qui le secoue, le peuple tunisien découvre, dépité, que le pouvoir ne rime pas toujours avec justice et équité , que la piété de façade n’est pas un gage de probité, que l’allégeance est incompatible avec la compétence, que l’opposition systématique n’est pas synonyme de programmes alternatifs, que l’arrivisme l’emporte sur le patriotisme et que le carriérisme n’a point de limites.
Le peuple n’éprouve que remords et ne ressent que désarroi et mépris à la vue de ces nouveaux prédateurs et de ces arrivistes de tous bords plus prompts à semer la haine, à nourrir la division, à glorifier le déni identitaire, à justifier la violence et à démolir le pays qu’à capitaliser sur la valeur et l’intelligence des femmes et des hommes, à miser sur la spécifié et la richesse de notre civilisation et s’appuyer sur le poids de nos traditions et la diversité de notre héritage pour reconstruire ensemble une société sans exclusion, soucieuse de tous ses enfants et résolument tournée vers l’avenir et les défis économiques et sociaux à relever.
Jalel Jeddi
Discussion about this post