
Le sentiment est mitigé chez les parents et élèves pour cette énième grève des enseignants qui intervient à l’approche des examens de fin d’année. Difficile de comprendre les motivations des enseignants quand on sait que les deux points sur lesquels ils butent avec le Ministère de tutelle sont la semaine de travail de 16 heures et la retraite à 50 ans.
Par ces temps de crise, de chômage, de précarité et de reconstruction, il est indécent que la caste la plus laborieuse et qui est investie de la mission la plus noble consistant à éduquer et à transmettre le savoir aux générations, prenne en otage des millions de jeunes pour des revendications surréalistes.
L’opinion publique s’interroge sur le bien fondé de ces revendications et les 2 points de discorde de la semaine de 16 heures et de la retraite à 50 ans risquent de créer un climat d’incompréhension et une fracture entre les enseignants d’un coté et les élèves et les parents de l’autre.
Victimes du succès de la grève avec un taux de participation avoisinant les 92%, les enseignants sont pointés du doigt et accusés de prise d’otage de millions d’enfants et si personne ne conteste le droit inaliénable des enseignants de recourir à la grève pour défendre leurs intérêts, l’opinion publique trouve indécentes ces revendications.
Une opinion publique qui s’inquiète des performances des écoles tunisiennes, du nivellement vers le bas du niveau général des élèves, des conditions de travail et des risques d’endoctrinement qui guette nos jeunes. Une opinion qui appelle aux enseignants de se mobiliser et de se préoccuper avant tout de l’intérêt et de l’avenir de ces générations qui vont bâtir la Tunisie de demain.
Cette grève véhicule désormais une image négative de la caste des enseignants, la plus noble tant elle garanti l’égalité devant le savoir et porte en elle les seuls messages d’espoir d’un avenir meilleur mais qui veut profiter de la fragilité actuelle du pouvoir pour réduire son temps de travail et pour profiter d’une retraite dorée à 50 ans.
La plus grande désillusion pour une Tunisie harmonieuse serait ce mur d’incompréhension entre ces porteurs de rêves, ces pourvoyeurs de savoir et de science, ces garants de l’égalité des chances, ces déclencheurs de l’ascenseur social d’un coté et les l’opinion publique qui se démène dans ces moments entachés de troubles et d’incertitudes à offrir aux générations futures un avenir meilleur.
Jalel JEDDI
Discussion about this post