
Quand il n-y-a pas de sécurité tous les autres droits demeurent lettre morte !
A l’aube de l’indépendance, l’ancien chef du régime tunisien : Bourguiba, avait bien compris l’enjeu de la sécurité et de la sûreté des citoyens. Il fallait que l’activité économique du pays, clé de voûte de l’indépendance, ne soit pas perturbée. Il fallait alors que la sécurité prime quelqu’en soit les coûts et les sacrifices.
Pour ce faire, Bourguiba a déployé les délateurs et les indicateurs tunisiens qui collaboraient avec la gendarmerie française (En Algérie ils ont été fusillés). Avec cette myriade de policiers formés et bien rodés, auparavant au service de la France, il a pu débusquer et défaire tous les nids de résistance contre lui à commencer par les partisans de Ben Youssef : Ridha Ben Ammar, Ali Zlitni (Puisse Dieu les agréer parmi les siens) etc… et les preux fellaghas qui ont refusé de déposer les armes jusqu’à l’indépendance totale et sans conditions.
Bourguiba n’a pas hésité à envoyer à la potence des dizaines d’anciens et valeureux combattants, à qui il a injustement collé l’étiquette de « Terroriste ». Son but ultime c’était : LA SECURITE. Pour atteindre son but, INSTAURER LA SECURITE, il a fait feu de tout bois.
Après le 14 Janvier 2011, la plèbe tunisienne s’est principalement occupé à formuler des requêtes qui ne revêtent aucun caractère urgent, e.g, Dissoudre le RCD, Réquisitionner les biens de la famille et des proches du chef du régime, Revendication sociales et salariales etc.….
La priorité était toute autre, il était impératif d’assurer la sécurité et l’intégrité des biens et des institutions soient-elles privées ou publiques, et en premier lieu les entreprises économiques et les usines, pour préserver les emplois : Rappelez-vous que l’insurrection a commencé pour réclamer des emplois et résorber le problème du chômage !!!
Quel est le bilan ? L’effet contraire s’est produit : on a perdu des dizaines de milliers d’emplois au lieu d’en créer ! Des usines sont délogées pour s’installer dans des contrées ou la sécurité n’est pas un mot vain !
Le gouvernement provisoire de l’ancien Premier Ministre a vraiment fait un travail d’amateurs, est-ce voulu ? IL FALLAIT ASSURER LA SÉCURITÉ À TOUT PRIX. Je ne le répéterais jamais assez.
Un plan aurait du être mis en place pour former des milices spéciales dédiées à la sauvegarde et la protection des instituions. La France n’était-elle pas disposée à nous dépêcher des experts anti-émeute pour mater les insurgés, c’est le moment pour elle de rectifier le tir !!!! Au demeurant, plusieurs grandes entreprises en Tunisie pouvaient financer une opération de grande envergure en formant, durant des stages accélérés, des « Soldats de la Révolution », pour protéger nos institutions.
Mais qu’a fait ce gouvernement « provisoire » ? Il lance des opérations trompe-l’œil à effet tapageur :
1. Dissolution du RCD, bravo et après, maintenant les militants du RCD sont partout, engagés par d’autres partis et vont nous sanctionner durant les élections de Juillet !
2. Des arrestations d’individus ayant une parenté plus ou moins affirmé avec le chef de l’ancien régime : Bravo, ils sont en prison ET APRES ! on ne sait même pas s’ils ont été, sont ou seront jugés et condamnés ! C’est le blocage médiatique total !
3. Des nominations de Directeurs, et comme à l’accoutumé : le régionalisme, et l’appartenance à des associations plus ou moins occultes sont les critères décisifs.…la compétence demeurant, hélas, un mot gâché !
4. La France a subtilement casé ses vassaux comme elle le désire….pour assurer l’aboutissement des juteux marchés concoctés avec l’ancien régime : Energie, Transport aérien, Chemin de fer, Nucléaire etc.…DEVOIR PATRIOTIQUE OBLIGE, nous dit-on !
5. Razzias sur les petits palais du chef du régime, avec un effet « Télé-Réalité » à l’américaine mais de mauvaise qualité.
6. Limogeage de dizaines de responsables du ministère de l’intérieur : Le contraire de ce qu’avait fait Bourguiba cinquante années plus tôt ! Ce qui a contribué à plonger le pays dans l’anarchie et l’insécurité. DÉLIT D’INITIES, diriez-vous !
Au demeurant, ce qui est rassurant, c’est que le nouveau Premier Ministre du gouvernement provisoire a bien identifié les différentes variables de l’équation politique, par ailleurs une escouade de personnalités du même acabit devrait aussi jouer leurs rôles. Le Premier Ministre met en œuvre une stratégie qui devrait aboutir à la sécurité et mettre fin aux enchères politiques et calmer les partis qui ont déterré la hache de guerre et se sont lancés dans des affrontements qui ne peuvent que nuire à la démocratie encore fragile.
Bref, je crois dur comme fer, que la Tunisie, in finé, n’a pas encore fait sa révolution, juste une insurrection qui a chassé le chef du régime et ses affidés et quelques lugubres et malfamés individus qui lui sont alliés… On dit : La liberté dure l’espace d’une révolution …mais je dirais que la révolution doit aboutir à la liberté perpétuelle et institutionnelle ! Sinon quel opprobre nous nous somme attirés aux yeux des martyres qui ont battu le pavé et le sol et l’ont arrosé de leur sang !
Par Farouk Ben Ammar
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