
Bien qu’il sache qu’il est recherché depuis vendredi dernier suite aux actes de violence contre l’ambassade des USA à Tunis, le leader salafiste Abou Iyadh a osé défier la police, de façon très surprenante, deux fois en moins de 24 heures.
Abou Iyadh n’a d’abord pas hésité à apparaître en public, dimanche, pour assister aux funérailles du salafiste Karim Saidi, tué dans les affrontements de vendredi. Et ce bien qu’il sût pertinemment que le cimetière d’el Jellaz allait connaître une forte présence policière.
Lundi, le leader salafiste a poussé le bouchon un peu plus loin dans sa défiance des autorités sécuritaires, puisqu’il a annoncé dès le matin qu’il prononcerait un discours dans lequel il donnerait sa version des faits, après la prière d’Edhor à la mosquée El Fath.
Sûr de lui, Abou Iyadh a tenu sa promesse et s’est présenté au rendez-vous annoncé pour prononcer son discours et quitter les lieux, sans être inquiété par une police bizarrement de plus en plus passive et dépassée. Et dire que les forces de sécurité s’étaient déployés en très grand nombre pour quadriller la mosquée lorsque le leader salafiste était dedans.
En laissant filer entre ses mailes une deuxième fois Abou Iyadh, les services du ministère de l’Intérieur ont essuyé un deuxième revers de taille, qui met en cause la crédibilité, l’efficacité de ses services et même la loyauté de certains de ses cadres.
D’un autre côté, ce comportement d’Abou Iyadh, un recherché, qui n’hésite pas à se montrer en public, à rassurer ses fidèles et à s’adresser aux médias a intrigué beaucoup d’observateurs et choqué la grande majorité des Tunisiens, qui n’arrivent pas à comprendre, surtout que les autorités et particulièrement le ministre de l’Intérieur Ali Laârayedh, n’ont rien fait pour nous éclairer.
Mais en attendant que Laârayedh daigne répondre aux accusations contre son ministère et assumer ses responsabilités en démissionnant ou en limogeant immédiatement les responsables de ces mascarades à répétition, il est clair que l’autorité de l’Etat est plus que jamais bafouée par autant d’impunité de certains salafistes et hors-la-loi, qui ne cessent de se multiplier depuis la révolution.
K. Ben Mrad
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