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Politique Tunisienne: Entre Imposture et Prostitution

19 novembre 2013
in Chroniques
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En scrutant  ce grand bazar  politique Tunisien ,ses  imposteurs attachés à ce semblant de légitimité , ses proxénètes flambeurs, ses prostitués dénoncées et humiliées , ses clients affamés , ses maisons closes super-protégées, ses rabatteurs récompensés ,ses valeurs morales bafouées, ses histoires équivoques blanchies et ses honnêtes gens salis et calomniés,

on se rend compte rapidement que cette mascarade démocratique ressemble à s’y méprendre à un bordel géant avec ses accessoires aphrodisiaques qui sont l’immoralité , la perversité et la bestialité primaire et ses occupants et visiteurs entre  proxénètes sans scrupule protégeant leurs proies,  vendeurs de morale et de vertu changeant de partenaire au gré des intérêts convergents , clients généreux et flambeurs récompensant la docilité et le don de soi , rabatteurs sur la voie médiatique pour blanchir les histoires des victimes et marâtres affectueuses  pour couver les imposteurs et les anciens gourous.

Pour s’en convaincre de cette métaphore, certes inélégante mais oh combien d’actualité, il suffit de décortiquer les modes de paiement dans ce grand bordel à ciel ouvert. Les partis politiques assurant l’impunité et la libre circulation pour des affairistes véreux et sans scrupules contre des sommes colossales , les hommes d’affaires devenus hommes politiques débauchant des élus pour rejoindre leurs nouveaux camps en contre partie de grandes largesses financières et les imposteurs travestis en hommes de vertu à la solde des puissances étrangères nuisibles qui achètent à coup de millions de dinars l’honneur d’apprentis politiciens sont un florilège de cette nouvelle secte de proxénètes de la politique.

Et la dernière affaire du sulfureux Bahri Jelassi qui se pavane de soudoyer des élus pour rejoindre son nouveau camp  n’est qu’un épisode dans cette mascarade démocratique. Bien avant , nous avons eu les  Abderaouf Ayadi , Azad Badi et cie qui n’ont pas résisté à la tentation de l’argent du généreux donateur Naceur Chakroun pour quitter le CPR et créer un autre parti Wafa au grand dam des électeurs. Ennahda qui s’est spécialisée  dans le blanchiment d’histoire et le recyclage des sbires des Trabelsi contre révélation de secrets d’Etat et de généreuses donations. Nidaa qui se fait maitre dans le recrutement des soi disant déçus  des travaux de l’ANC et qui par magie voient de l’œil ou plutôt de la poche de leurs pantalons l’image d’un  Béji en grand sauveur de la nation.  Arbi Nasra qui rêve d’un parcours à la Berlusconi et qui  ne lésine  pas sur les moyens pour couver et choyer ses nouvelles recrues pour l’honneur et la gloire de participer au fameux dialogue national.  Ajroudi , président d’un nouveau Parti politique et accessoirement homme d’affaires et  patron  de télévision qui aspire à un destin national à la mesure de sa fortune. Hama Hammami, anciennement prolétaire et défenseur de la veuve et de l’orphelin qui n’a pas résisté aux sirènes de la luxure en acceptant les largesses de son mystérieux et énigmatique bienfaiteur lui assurant  au passage un autre standing et style de vie.    

L’ombre de la dignité a disparu, la moralité s’est éclipsée et le  sens des valeurs fait défaut chez nos apprentis politiciens dont l’engagement et la légitimité se résument à la contre partie financière et aux postes promis.  

Peut-on accepter cette comédie honteuse alors que le pays traverse une crise sociale et économique sans précédent ? Peut-on pardonner à ces imposteurs tant de déni de la volonté du peuple ? Peut-on ignorer ces réseaux mafieux qui polluent notre paysage politique ? Peut-on tolérer que tant d’argent sale travestisse nos valeurs et notre morale ?

Autant de questions qui interpellent le tunisien qui, dégouté par tant de perversité intellectuelle, tant de bassesse morale et tant d’ingratitude et de tricherie manifeste, ressort avec une double impression : s’il n’existe pas une seule mais plusieurs formes de prostitution politique,  la passivité et la permissivité  de tous les   acteurs politiques ne sont qu’une forme de marginalisation  du vrai engagement intellectuel , de la décadence des mœurs politiques et de la nouvelle dictature de l’hypocrisie, de la médiocrité et de l’imposture .

Jalel JEDDI

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