
Alors que tous les regards sont braqués sur les derniers événements de Jebel Chaâmbi, la menace terroriste frappe à nos portes. Le phénomène n’a pas cessé de s’amplifier. Et les Tunisiens vivent dans le tournis d’une angoisse terrifiante …
Quatre gouvernements post révolution se sont succédé. Malgré les affaires de Rouhia, de Bir Ali Ben Khlifa, de Sejnane, d’Ezzahrouni, de Bouchebka, de Douar Hicher, et d’ailleurs, tous ont sous-estimé la sombre et effrayante montée des mouvances religieuses extrémistes. Ils ont tous montré une faiblesse, un laxisme et une mollesse étranges, tels qu’aucun n’a appelé à « éradiquer» décisivement cet escadron de la violence, voire de la mort.
Aujourd’hui, le terrorisme est là, à nos portes, imperturbable et fortement positionné, avec ses réseaux, ses émirs, sa cartographie. Il est à l’œuvre. Il prêche dans les bus, dans les places publiques… dans les écoles, les lycées et collèges, dans les facultés… il défonce les portes des foyers universitaires, … le sabre de sa haine à la main, il terrorise et de sa terreur la population, désormais cible et otage de la peur …
Entre une menace omniprésente et la nonchalance du gouvernement, les Tunisiens sont attristés, épuisés et irrités. Et en attendant un message apaisant, l’incertitude et l’angoisse les tient en suspens.
Pourquoi notre classe politique persiste-t-elle dans son laxisme et sa mollesse, pour ne pas dire par son silence déconcertant, pour traiter ou incriminer ce phénomène nouveau pour nous: le terrorisme ? Est-ce que la confrontation avec les terroristes fait peur ?
Les caches d’armes prolifèrent à travers tout le territoire, l’on se rappelle, tous, que pour évacuer un entrepôt d’armes découvert au sud tunisien, il a fallu faire intervenir 5 camions militaires, la multiplication des activités de contrebande qui démolit notre économie, la situation d’insécurité le long de nos frontières avec celles de la Lybie, et pire encore le sentiment de citoyenneté a presque disparu chez de nombreux Tunisiens qui ne se soucient plus de l’intérêt de leur pays et dont l’objectif est de se débarrasser à tout prix des actuels gouvernants.
Une traque des terroristes a été lancée dans le Jebel Chaâmbi et autour de laquelle une absence absurde et aberrante d’une quelque information transparente qui prive les médias et la population du droit de regard sur sa propre patrie. Pourtant, ce droit d’être informé est essentiel, et ce pour une double cause : une information qui parvient à temps permet d’anticiper et d’agir avec célérité et efficience, et une information qui ne parvient pas à temps donne libre court à des rumeurs qui mettront en scènes tous les phantasmes et à la propagation « à la va-vite » et non rassurantes.
Plusieurs observateurs se sont interrogés, non à tort, où sont ces brigades et unités antiterroristes ?
N’était-il pas absurde de dissoudre, au grand bonheur des terroristes, le département de la sécurité du territoire au lendemain de la révolution, pour être réduit tout simplement à une « banale police ».
Tout de même, il faut garder l’espoir, car lors de la dernière conférence de presse qui a été organisée par les syndicats des forces de l’ordre, le porte-parole du Syndicat national des forces de sécurité intérieure, M. Chokri Hamada, a insisté sur le fait que le corps sécuritaire veillera à l’application de la loi pour le traitement de la criminalité.
Considérant que la dissolution de la police de sûreté de l’Etat est une erreur, il a invité à la création d’un nouveau dispositif sécuritaire afin de combler le vide qu’a laissé l’ancien dans les plus brefs délais, pour son efficacité dans la lutte contre le terrorisme.
Ainsi donc il s’est avéré que la dissolution de la direction de la sécurité de l’Etat et l’affaiblissement des services de renseignements qui ont été dicté par certains partis politique ont été de graves erreurs, dont nous payons le prix mainteant.
Comme cela est connu partout dans le monde, la recherche et la gestion de l’information sont des composantes indispensables à tout appareil sécuritaire qui se respecte, notamment quand il s’agit de la sécurité du territoire, car une information qui parvient à temps permet d’anticiper et d’agir avec célérité et efficience.
C’est pour cela qu’on aura peut être besoin de réviser énormément de choses pour se protéger des menaces terroristes et à assurer la sécurité du pays.
Abdelhamid Ferchichi
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