Le feuilleton des blocages de la société Pétrolière de prospection et d’exploitation énergétique Petrofac, a repris de plus belle.
Encouragés par le laxisme des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays depuis la révolution, le blocage de la production est devenu le meilleur moyen des protestataires de l’île de Kerkenah pour faire pression sur les autorités.
Cette société, dont 55 % revient à l’Etat, a ainsi vu de toutes les couleurs et les arrêts forcés du travail durant près de 80 jours, lui ont causé d’énormes pertes.
Le comble, c’est que les protestations et les bocages ne sont presque jamais venus des employés de Petrofac et sont liés à des revendications de personnes étrangères à Petrofac.
La société a ainsi été prise en otage à de nombreuses reprises. Elle a été à titre d’exemple, contrainte d’arrêter pendant deux semaines sa production sur son site de Kerkennah, suite à une grève sauvage décrétée par le syndicat des marins de la Sonotrak (Société nouvelle de Transport de Kerkennah).
Elle a été obligée d’arrêter pendant une dizaine de jours sa production à cause d’un boulanger de la région qui a été soutenu par certains habitants de la ville et qui ont trouvé dans le blocage de sa production le meilleur moyen de demander plus de farine subventionnée pour l’intéressé !
Et la voilà maintenant forcée d’arrêter son activité depuis plus de deux semaines à cause d’un sit-in de protestataires qui ont bénéficié durant quatre ans de salaires versés par le fonds de l’environnement fiancé par Petrofac.
Cet nouvel arrêt de la production de Petrofac, qui produit 12,5% des besoins du pays en gaz, l’a privée de produire des quantités avoisinant le million de m3 de gaz par jour. Il a coûté jusqu’à présent des pertes de l’ordre de 2 millions de dinars essentiellement à l’État tunisien qui possède 55% de Petrofac et qui bénéficie en plus des impôts sur les ventes de la société.
Ceci sans parler du fait que cet arrêt de la production de Petrofac, qui ravitaille en gaz, la centrale de connexion de la STEG à Aïn Turkia dans la région de Sfax, va bientôt obliger la société Tunisienne d’électricité et du gaz de se ravitailler en Algérie pour assurer ses besoins pour la production de l’électricité.
D’un autre côté, devant l’impossibilité de travailler, Petrofac qui sponsorise toutes activités sportives et culturelles de l’île vient d’informer les hôtels et les sociétés de service de Kerkennah qu’elle va mettre fin aux contrats de service qui la lient à eux.
Néanmoins, malgré toutes ces pertes, qui menacent les intérêts de l’État, ainsi que tout le tissu économique de l’île, les syndicats ont échoué à faire raisonner les protestataires, alors que les autorités ont continué à traiter ce blocage avec une passivité étonnante qui ouvre la porte à de nombreuses spéculations.
Même l’intervention du Secrétaire Général de l’UGTT, Houssine Abassi, qui a rencontré le PDG de Petrofac Imed Dérouiche afin de débloquer la situation, a échoué puisque les protestataires n’ont rien voulu entendre.
En attendant, la direction de Petrofac internationale a exprimé son ras-le-bol de l’évolution de la situation en Tunisie et a commencé très sérieusement à songer à quitter notre pays.
S.E.A.