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Tunisie: La presse de la Honte

18 mars 2014
in Divers
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Tout le monde sait que la mission essentielle d’une télévision qui se respecte est « d’informer, de cultiver, de distraire… ». Donc en termes d’offre de programmes, les choix  doivent s’orienter vers la satisfaction des besoins d’information, de culture, d’éducation et de distraction du public.

La télévision est ainsi un outil nécessaire dans l’accès à la culture et la transmission des valeurs de notre société. Il lui appartient, en outre, de participer à la diffusion de la culture tunisienne dans le monde.

Tout comme l’école, la télévision est devenue, surtout depuis la révolution, une structure par laquelle notre société se pense, se tisse et se construit. Néanmoins en regardant les chaînes tunisiennes, on constate facilement que la majorité d’entre elles, et particulièrement Attounissia, ont déraillé de leurs vraies missions. Sinon comment expliquer les invitations sur leur plateaux d’extrémistes, de terroristes et même de bandits et de voyous  qui n’hésitent pas à véhiculer tous les messages qui leur semble bon.

Ainsi on a tout vu dans ce sens. Du blanchiment du terrorisme, à la propagande de l’extrémisme et du banditisme, en passant par la banalisation de la consommation de la drogue et de l’alcool… Ceci sans parler de la propagation de rumeurs infondées qui risquent de déstabiliser la sûreté de l’Etat, sans même vérifier leurs véracités et sans parler aussi du passage d’informations diffamatoires qui portent atteinte à l’honneur des gens et détruisent leurs familles.

Le contenu de la dernière émission « Labes » qui a été diffusée samedi 15 mars, est, dans ce sens, une parfaite illustration de la gravité des dérapages de certains journalistes. Des journalistes qui ne mesurent apparemment pas les retombées  de leurs dérapages sur une société en ébullition, à moins qu’ils ne le fassent intentionnellement  dans le cadre de projets destructeurs.

Autrement comment expliquer que l’émission en question ose faire la propagande pour un voyou qui a bloqué un avion de Tunisair durant trois heures et le présenter en héros d’une façon dégoutante ? Comment le présenter en tant que donneur de leçons aux responsables et aux journalistes et quel est l’image qu’a voulu véhiculé Naoufel Ouertani à notre société et surtout à nos enfants ? Pire encore comment donner la possibilité à un pseudo djihadiste de relater des choses qui risquent de s’avérer inventées, sans même vérifier la véracité de son histoire.

Comment peut-on se permettre de faire tomber le niveau aussi bas et d’accomplir des écarts indignes de ce noble métier qu’est le journalisme et qui peuvent désormais expliquer l’étiquette qui nous colle de presse de le honte (ielam el ar). D’ailleurs en voulant se justifier sur les ondes de Mosaïque FM, hier en fin d’après midi, la journaliste du journal Essarih qui a été à l’origine de la découverte de ce djihadiste et Naoufel Ourtani ont choqué les Tunisiens par leur niveau de professionnalisme.

La première a reconnu qu’elle s’est basée durant des mois sur des coups de fils anonyme venant d’un taxiphone !!!! sans connaitre même la source !!! pour écrire des articles sur les Tunisiens qui combattent en Syrie et pour nous éclaircir sur « Jihad Enikah ». Alors que le second a indiqué que la méthode de travail suivie dans la production de « Labes » est de se servir des articles « de Akher Khabar et d’Essarih et de les travailler davantage pour leur donner une plus grande dimesion, le tout à la recherche du…sensationnel » !!

Au lieu de s’excuser de la diffusion de pareilles informations sans même les vérifier, surtout qu’elles ont été relayées par les médias de dizaines de pays qui se sont servis pour nuire à l’image de la Tunisie, Ouertani s’est montré très agressif face au journaliste du site Essada, Rached Khiari, et l’a traité de rat !! Le niveau des échanges était tellement bas entre ces deux journalistes sur les ondes de Mosaïque FM, qu’il a d’ailleurs sali encore plus et davantage l’image d’un secteur qui n’a jusqu’à présent pas été touché par la révolution et qui a plus que jamais besoin d’un assainissement.    

Slim Maâtoug

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