
Considéré comme un Président sans pouvoirs, Moncef Marzouki a toujours affirmé que cette idée est fausse. Précisant à chaque occasion qu’il
assumerait pleinement son rôle et qu’il serait le stabilisateur de la Troïka au pouvoir et son rempart contre les dérives.
Après presque trois mois où il n’a presque fait qu’aligner les gaffes les unes après les autres, notre Président a finalement osé jouer son rôle en condamnant le laxisme du gouvernement dans le traitement de la montée du salafisme.
Cela s’est passé lundi matin à l’occasion de la cérémonie du salut du drapeau au cours de laquelle Marzouki a devancé Jebali en rendant hommage avant son premier ministre à la courageuse Khaoula Rachidi, cette étudiante, sans appartenance politique, qui a osé défier le fanatique barbu de la faculté de Manouba, en l’empêchant de remplacer le cher drapeau tunisien par celui du mouvement salafiste.
Pour la première fois et malgré sa faible position, Marzouki a donc osé critiquer le gouvernement en public, en lui rappelant qu’il est inadmissible qu’une minorité puisse arrêter les cours et imposer sa vision par la force.
Si au niveau du fond rares sont ceux qui trouveront quelque chose à redire sur la prise de position de Marzouki, c’est au niveau de la forme que le discours du Président est discutable.
En effet, même si son émotion était sans doute sincère, en homme d’Etat, Marzouki aurait dû mieux contenir sa colère et éviter de s’exprimer en criant d’une manière qui a choqué nombre de Tunisiens devant leurs postes de télévision surtout que notre chaîne « El Watania 1 » a bizarrement rediffusé ce discours à maintes reprises.
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