
Est-ce que Adnen Hajji est au-dessus de la loi ? Et pourquoi très rares sont les politiques, les analystes et les hommes de médias qui dénoncent ses dépassements extrêmement dangereux ? Est-ce que ce Monsieur mesure la gravité de ses actes lorsqu’il incite à la discorde et appelle au meurtre ?
Et pourquoi les sages de l’UGTT ne sont jamais intervenus pour le rappeler à l’ordre ou au moins condamner ses déclarations qui nuisent énormément à l’image de la centrale syndicale? À moins qu’ils ne les cautionnent !!
Nous n’avons rien contre Adnen Hajji en tant que personne, mais à ce qu’on sache ce monsieur est certes un syndicaliste militant, mais son statut ne lui donne aucune immunité. Comme tout Tunisien, il est donc un citoyen normal qui doit assumer ses actes. Et c’est pour cela qu’on est surpris par l’escalade qu’il ne cesse de provoquer.
Au lieu d’assumer ses actes et ses déclarations et de se défendre devant la justice, Adnen Hajji a continué dans sa fuite en avant, en anticipant et en se présentant le lundi 18 juin au bureau d’enquête du tribunal de Gafsa entouré des siens, alors qu’il n’a même pas été encore convoqué par la justice !!!!
Cette démonstration de force n’est-elle pas une menace à la liberté de la justice et un défi à l’autorité de l’état ? Pire encore, sans respect à l’autorité du tribunal, Hajji a pris la parole dans ce cadre ô combien symbolique, pour fustiger le gouvernement et protester contre les accusations proférées à son encontre. Appelant la justice à faire preuve d’impartialité et à juger selon ses dires « les véritables criminels que sont Hamadi Jebali, Ali Laârayedh et Abdelwahab Maâter, qu’ils a qualifiés de « mafia du gouvernement ».
Rappelons que cette démonstration de force très médiatisée est survenue suite à la décision du ministère public au Tribunal de première instance de Gafsa d’ouvrir une enquête judiciaire contre ce syndicaliste «pour crimes d’incitation des gens à s’armer les uns contre les autres et à provoquer le désordre et le meurtre sur le territoire tunisien».
A voir ce genre de réactions, ces dérapage dangereux de la part des responsables censés donner l’exemple, ainsi que la propagation des discours haineux (affaire Persépolis, agression de Zied Krichen, menaces sur les journalistes, appel au meurtre de Béji Caid Essebssi, affaire du Palais Abdellia…), on ne peut que se demander où va le pays et quand interviendra l’autorité pour remettre de l’ordre dans ce pays.
L’Etat est certes plus que jamais appelé à assumer son rôle dans l’application de la loi, mais l’UGTT, les partis politiques, les médias, la société civile sont tous appelés à réagir de la même manière face aux dérapages.
Il en va de leur crédibilité, surtout que la stabilité du pays dépend aussi de leurs réactions face aux événements car il est claire que cette politique de deux poids, deux mesures ne peut pas continuer car elle ne fera que diviser encore plus, les enfants du même peuple.
Un appel au meurtre d’un Tunisien ou une incitation à la haine d’un compatriote sont de la même gravité qu’ils émanent d’un Salafiste, d’un gauchiste ou d’un syndicaliste. La dénonciation et les réactions doivent être de la même nature et les responsables doivent assumer de la même manière. Quand à Adnen Hajji, nous espérons seulement qu’il se révise et qu’il fasse passer l’intérêt du pays avant toute autre considération.
K.B.M.
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