L’Association tunisienne de défense des valeurs universitaires (ATDVU) vient d’apprendre de manière très fortuite et avec beaucoup de stupeur que le Doyen Habib Kazdaghli a été jugé en appel à la fin de l’année dernière, sans avoir été appelé à comparaître devant le tribunal ou avoir pris connaissance de sa convocation, dans le procès intenté par une étudiante niqabée.
Tout en déplorant la non-convocation du Doyen et le jugement par défaut rendu dans cette affaire, jugement qui aurait pu ne pas lui rendre justice, l’ATDVU se félicite de son acquittement et de la fin d’un marathon judiciaire d’une année et demie et qui a porté un grand préjudice à l’image de marque de l’Université tunisienne et du pays.
Elle loue également l’indépendance et le haut niveau de professionnalisme des juges de première et de deuxième instance qui ont eu à statuer sur cette affaire, autant de qualités qui ont mis en échec la tentative d’instrumentalisation de la Justice par des parties farouchement hostiles au principe de l’autonomie de l’institution universitaire et des libertés académiques.
Elle considère, en conséquence, cet épilogue heureux comme une victoire pour les libertés académiques, l’autonomie universitaire et les valeurs de la République civile et démocratique qu’il faudra consolider lors des prochaines batailles.
Elle remercie la société civile et les syndicats de Tunisie et du monde entier, la communauté universitaire internationale et toutes les forces démocratiques qui ont soutenu le combat pour la défense des libertés universitaires dont le Doyen Habib Kazdaghli et la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba sont devenus, à leur corps défendant, les emblèmes les plus remarquables.
Elle se félicite de voir que ce combat a abouti à la constitutionnalisation des libertés académiques,et considère cette décision comme le couronnement de cette lutte et appelle les universitaires tunisiens à militer pour que les lois relatives à la vie universitaire, à la liberté d’enseignement et de recherche soient conformes aux normes internationales en vigueur.