
Il en va de la trahison en politique comme de la fidélité en amour. On se jure loyauté, dévouement et bonheur et on ne récolte que peine, souffrance et ingratitude.
Si en amour les couples se font et se défont au gré des plaisirs et des rencontres fortuites, en politique les alliances se font au gré des intérêts carriéristes et des ambitions dévorantes et les trahisons se commettent par les plus fidèles. Les infidèles en amour comme les traitres à la patrie se nourrissent de mensonges et de tricheries, se drapent d’hypocrisie et de dénigrement et dessinent leur avenir à l’encre de l’ingratitude, de la lâcheté et de la vanité.
A scruter et à analyser les déclarations de certains politiciens après les derniers événements malheureux de Chaambi qui ont coûté la vie à nos valeureux soldats et policiers, il convient de s’interroger sur le patriotisme, la responsabilité et les visées de certains de nos apprentis politiciens.
Des politiciens chez qui le retournement de veste est une culture et la trahison un sport national. Les postures changeantes en disent long sur ces lâchetés, ces mensonges, ces infidélités et ces traitrises.
Ainsi n’ayant pas reçu les dividendes de sa servitude et de sa caution aux élections de l’ANC, l’ancien président de l’ISIE qui n’a pas été reconduit dans ses fonctions ose clamer haut et fort, deux ans après que ces mêmes élections ont été truquées et entachées d’irrégularités flagrantes. Peut-on être crédible et audible en dénonçant ses propres omissions et compromissions douteuses ?
Farouche militante des premières heures, Oum Zied, figure emblématique de l’opposition tunisienne, a été la victime de sa franchise et de son honnêteté intellectuelle. Reniée par sa propre famille politique le CPR et dénigrée par des arrivistes sans foi ni loi, Oum Zied est la parfaite illustration de l’ingratitude et de l’inélégance qui ronge cette nouvelle meute de charognards politiques nourris de lâcheté, de médiocrité d’arrivisme et d’hypocrisie.
Le paradis rêvé et l’alchimie de la coalition troikale chantée par les époux Abbou se sont transformés par magie en un enfer jusqu’à faire pleurer l’innocente députée et une alliance contre-nature pour l’éphémère ministre de mari.
Plus entrains aux volte-face qu’au respect des principes, ils se muent en critiques acerbes de leur propre parti le CPR, incapable à leurs yeux, de fédérer les forces vives du pays et dénoncent à tout va l’hégémonie d’Ennahda après une lune de miel qui n’a duré que quelques mois. Carriéristes à volonté et nourris d’une ambition dévorante, ils surfent sur les vagues des intérêts personnels pour éviter le naufrage politique. Entre allié d’hier et ennemi d’aujourd’hui, les trapézistes des valeurs risquent la chute fatale.
Dans sa quête respectable et courageuse de consensus et de concordance nationale, Nejib Chebbi, en vieux routier de la politique, ne s’attendait pas à une telle rafale de missiles et de tirs amis. Il a suffi pour qu’il approuve la dernière mouture du projet de Constitution pour qu’il s’attire les foudres de ses propres partisans et de ses alliés.
Plus préoccupés par les enjeux électoralistes que par l’intérêt du pays, ses amis d’hier n’ont pas hésité à le dénigrer et à mener une campagne de déstabilisation à son encontre l’accusant de coalition douteuse avec Ennahda. Les nouveaux révolutionnaires de la 25 ème heure qui se cherchent une place dans le nouvel échiquier politique font preuve de mépris et d’ingratitude. S’attaquer à un vieux militant et opposant comme Chebbi est une insulte à la mémoire collective et un signe du nouveau règne de la malhonnêteté, du mensonge et de la traitrise.
Arrivés au pouvoir pour des valeurs morales et d’intégrité supposées, le parti Ennahda fait preuve de mépris à l’encontre d’un peuple qui l’a soutenu et qui a éprouvé de la compassion pour les années de clandestinité et d’exil de ses cadors. Que de serments trahis et que de promesses non tenues depuis la victoire aux élections et l’accession à la primature.
Les chantres de la piété et de l’amour de Dieu se muent désormais en instigateurs de violence, de séparatisme et de haine. La fidélité à la patrie s’est transformée en allégeance au maître du désert, la prêche de la bonne parole a laissé la place à la terreur des ligues de protection des intérêts, la volonté réformiste a été supplantée par la réalité du terrain et le recrutement massif d’ex-Rcdistes et l’intégrité tant criée a été entachée par une alliance douteuse avec les anciens fantassins des Trabelsi.
Pour les légionnaires de la religion, la seule fidélité et la seule loyauté qui vaillent sont celles qui garantissent les fastes de la république. Même Jebali, un Nahdaouis pure souche, qui a tant souffert de l’ancien régime, n’a pas été épargné par les critiques des siens qui se sont mobilisés pour dévaloriser son action politique salutaire au lendemain de l’assassinat odieux du martyr Belaid. La folie du pouvoir a poussé les compagnons d’hier et les lèche-cul d’aujourd’hui à étouffer cette initiative pour se révéler enfin au peuple comme l’incarnation d’êtres lâches, cupides, menteurs , vaniteux et carriéristes.
Jalel JEDDI
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