
Ceux, Tunisiens et étrangers, qui ont pu regarder sur El Watania 2, les débats de l’Assemblée Nationale Constituante, mardi 17 juillet, ont été choqués par la teneur de ces débats indignes et à la limite de la correction.
Le comportement de certains députés, ou plutôt membres de l’ANC, a été surprenant pour ne pas dire choquant. Après quelque 6 heures de débats, les « députés » du Bloc démocratique ont demandé une pause de 10 minutes afin de se concerter alors que les débats concernaient les affaires économiques du pays et notamment la question du gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie. La pause passée, et rallongée de quelques 10 minutes supplémentaires, les débats ont repris avec l’intervention programmée de M. Ridha Saïdi, ministre auprès du Chef du Gouvernement chargé des dossiers économiques. Mais à la grande surprise des téléspectateurs, il a été interrompu par certains membres de l’ANC qui ont chahuté l’assemblée et exigé d’intervenir et de reporter, encore une fois, l’intervention du ministre.
Ces membres, dont Mahmoud Baroudi (PDP), Iyad Dahmani (PR), Issam Chebbi (PR), Samir Ettayeb (Ettajdid) et Aymen Zouaghi (Al Aridha) pour les plus « turbulents » ont refusé d’entendre raison. Et voilà que l’ANC est devenue un véritable marché de gros où tout le monde crie à tue-tête sans se faire entendre.
Ce comportement a choqué les téléspectateurs, Tunisiens ou étrangers (et c’est là le pire), qui ne se sont pas retrouvés dans ce débat de sourds bien que l’ANC était à moitié vide. Et quand la moitié des députés présents vaquait à d’autres occupations comme lire le journal ou mâcher un chewing-gum, on ne peut que se révolter de cette situation dans laquelle se trouve l’ANC, censée représenter tout un peuple.
Et là, le simple citoyen est en droit de se demander si des membres élus qui agissent de cette manière sont encore en droit de le représenter ? Et s’ils arriveront, un jour à rédiger cette Constitution tant souhaitée et tant attendue ? A ce rythme et avec un tel niveau de débat, la Tunisie va devoir attendre longtemps avant de pouvoir jouir d’une nouvelle Constitution.
Tout ce chahut a été mal perçu par les téléspectateurs, surpris par les attitudes du Président de l’ANC, Mustapha Ben Jaâfar qui n’a pu s’empêcher de s’emporter vers la fin de cette soirée houleuse en qualifiant l’opération menée par le Bloc démocratique et celui d’Al Aridha de blocage et de perturbation.
En fin de compte, des débats indignes qui ont duré plusieurs heures, et qui ont accouché d’une souris. Le seul perdant dans toutes ces futiles tractations est, bien entendu, le citoyen tunisien.
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