
Telle une femme aux mœurs légères et aux petites vertus qui revêt ses petites tuniques aguichantes, se parfume de l’essence du désir et se maquille de la poudre aphrodisiaque, et qui sillonne les villes et les pays selon les saisons pour faire commerce de son charme et racoler les affamés de plaisir charnel afin de satisfaire leur instinct charnel et donner un sens à leur égo sous l’œil attentif et paternaliste de son adorable et bien aimé maquereau protecteur, notre Révolution s’est drapée de l’étendard de l’identité , s’est parfumée de l’essence de la légitimité et s’est poudré le visage des crèmes moyen orientales pour vanter ses atouts charme et aspirer à conquérir des clients venus de tous horizons pourvu qu’ils payent les moments de plaisir tant convoité.
Une femme de joie, à la beauté fatale et au charme ravageur, abandonnée et livrée à des partis politiques qui au lieu de la courtiser et de la couver de cadeaux et de belles paroles tant elle leur offert du plaisir et des moments inoubliables, se déchirent et se livrent une bataille acharnée au risque de la défigurer, de l’anéantir, de l’enlaidir et de la rendre impropre au plaisir et à la vie.
Dotée d’un grand altruisme et prédisposée à donner de la joie et du bonheur à tout le monde pour peu qu’on la respecte et qu’on reconnaisse ses efforts et ses sacrifices, la putain de REVOLUTION dénonce l’ingratitude de ses nouveaux clients et la violence des coups et la sauvagerie de ses protecteurs plus préoccupés de leurs rentes que de sa santé et de sa vie.
Jaloux, égoïstes et masochistes, ses clients revendiquent l’exclusivité de disposer du charme de la putain, veulent profiter de la luxure et des fastes de Dame Plaisir et refusent que d’autres intrus puissent jouir de ces moments de joie et leur partager la proie tant convoitée.
Ils se sentent investis d’une mission noble et humanitaire : maintenir cet état de jouissance extrême et protéger leur objet de plaisir inattendu contre toute atteinte de déformation et se prémunir contre toute menace de partage.
Alors que certaines voix de bonne conscience s’élèvent contre la domestication abusive de cette dame de joie, objet de tous les fantasmes et de toutes les perversités et qui ne rechigne pas à donner du plaisir à ceux qui en ont besoin et qui ne demande que reconnaissance et considération en retour et que d’autres s’offusquent de la confiscation arbitraire de sa liberté de disposer de son corps et de satisfaire tout le monde , ses clients , tels des gourous , continuent de malmener cette proie aimante et joviale faisant fi de son intégrité et de sa survie et obsédés par leur propre désir et jouissance instantanée et éphémère.
Jalel Jeddi
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