
La Tunisie ne dispose pas d’un observatoire de la délinquance et bien que les chiffres ne soient pas disponibles, il est incontestable que sentiment d’insécurité augmente en Tunisie.
En attendant de réformer nos institutions de sondage et sans avoir besoin de rapport d’une enquête de victimation on peut facilement déduire que les vols repartent à la hausse, notamment, les vols avec violences, que les atteintes aux biens et aux personnes croissent, etc. Ceci sans compter les sit-in et grèves sauvages qui explosent partout dans le pays.
En outre et avec le sentiment d’impunité qui monte en flèche et le laxisme des forces de l’ordre, une nouvelle mode est en train de gagner du terrain. Il s’agit des attroupements devant des résidences privées pour proférer des insultes gratuites à l’encontre des propriétaires des lieux suivi de tentatives d’irruption en bande organisée dans lesdites propriétés ! Pendant ce temps les forces de l’ordre ne font que regarder la scène sans sévir !
Les plus optimistes diront que ces débordements sont essentiellement dus au soulèvement populaire qu’a connu la Tunisie en début 2011. Il faut rappeler à ceux-là que tout (ou presque) était rentré dans l’ordre peu après la nomination de M. Béji Caid Essebsi à la tête du gouvernement.
Aucun signe fort du nouveau ministre de l’intérieur M. Ali Laarayedh pour rétablir l’ordre. D’ailleurs au cours d’une allocution prononcée, lundi 16 janvier 2012, à l’occasion de sa visite à la direction générale de la garde nationale à l’Aouina, ce dernier sort une intervention déconnectée de la réalité du terrain.
Le ministre s’est limité à appeler les agents et cadres de la garde nationale à rester à l’écart des luttes politiques ou de toute manipulation médiatique, soulignant qu’un dispositif sécuritaire neutre est un garant de la continuité de l’Etat, de la sécurité et du développement alors que les partis et leurs agendas peuvent changer.
Il a par ailleurs appelé les cadres et agents de la garde nationale à se consacrer à leur travail et à redoubler d’efforts pour améliorer l’image des forces de sécurité et protéger les objectifs de la révolution, le pays et ses institutions, rappelant que cela ne peut que contribuer à réaliser la réconciliation avec le peuple.
Les déclarations molles de Laarayedh et du chef du gouvernement ne rassurent guère les tunisiens et ne répondent pas à leurs aspirations. Face à cette situation alarmante et tant qu’il n’y a pas de signe fort, il n’est pas question d’investir. De plus en plus d’étrangers mais aussi de tunisiens préfèrent tout simplement partir du pays !
Le peuple ne demande pas grand-chose au gouvernement. Il s’agit juste de reprendre certaines déclarations de M. Caid Essebsi et essayer de les appliquer. Commencez messieurs par « Nous sommes en état d’urgence et le gouvernement va faire appliquer la loi ». Ce serait peut-être un bon début.
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