Suite à l’annonce, lundi, par le chef du gouvernement désigné, Habib Essid, de sa nouvelle équipe gouvernementale, le parti AL Qotb a réagi à cette annonce à travers ce communiqué:
« Si aujourd’hui Nida et Nahda sont ensemble dans le gouvernement du candidat proposé par le parti majoritaire Nida Tounès, c’est que la direction de ce parti a fait ce choix politique au détriment de ses engagements. Nous rappelons également que les prémisses de cette alliance objective entre la direction de Nida Tounès et Nahda se sont manifestées à l’Assemblée des Représentants du Peuple, selon des étapes bien ficelées :
– Le vote du groupe parlementaire de Nida Tounès dans sa grande majorité contre Mbarka Brahmi candidate du Front Populaire et en faveur du candidat de Nahda, Abdelfatah Mourou qui a pu ainsi être investi au poste de vice-président de l’ARP, (à noter que nos députés ont voté à l’unanimité pour Mohamed Ennaceur à la présidence de l’ARP).
– l’attribution à Slim Besbès candidat de Nahda de la présidence provisoire de la commission des finances, grâce au vote de la majorité des députés Nida.
Nous rappelons que mathématiquement Nida n’avait pas besoin des voix de Nahda pour obtenir le vote de confiance. L’intégration de Nahda dans ce gouvernement obéit à une vision économique, sociale et culturelle convergente, incapable de rompre avec le modèle de développement libéral qui a détruit notre pays et le lien social. Le Front Populaire, documents à l’appui, est prêt à confronter publiquement toutes les versions de ces journées de négociations entre sa délégation, Nida Tounès et son candidat au poste de chef du gouvernement. Pour toutes ces raisons, le parti Al Qotb fait porter à la direction de Nida Tounès l’entière responsabilité de la configuration définitive du gouvernement Essid II et exprime ses craintes quant aux conséquences négatives qu’aura ce coup de force sur la confiance des citoyennes et des citoyens vis-à-vis de la politique, avec ce que cela va engendrer comme l’abstention lors des prochains rendez-vous électoraux.
L’intégration de ministres issus de la Troïka et en particulier de responsables de premier rang du parti Nahda, de représentants de l’ancien régime ainsi que de personnalités dont l’indépendance laisse à désirer, un programme d’orientation libérale conforme aux choix économiques et sociaux des composantes de cette coalition, conduit le parti Al Qotb à recommander aux élus du Front populaire de ne pas voter la confiance au gouvernement Essid II. »