
Au travers des tractations en coulisses, de l’intransigeance et la souplesse de certaines positions, des groupes qui se font et se défont au sein de l’ANC, des promesses et des appétits de pouvoir et de la réalité politique du moment, Ennahda prépare le gouvernement de la dernière chance.
Une composition triplement importante et qui déterminera à plus d’un titre l’avenir et la stabilité du pays. D’abord parce qu’il doit réunir toutes les sensibilités idéologiques et unifier tous les Tunisiens. Ensuite pacifier le débat public et mettre un terme à cette violence politique qui menace la paix civile et enfin avoir la capacité de sortir indemne de cette crise économique profonde qui secoue le pays.La réussite du gouvernement Laarayedh dépend de la capacité de ses membres à assumer les rôles qui leur sont dévolus et de leur respect aux serments qu’ils ont prêtés pour rester Fidèle à la République, Servir le Peuple et être Digne de la confiance.
Après le refus de recourir à un gouvernement de compétences et l’échec de l’initiative Jebali, le peuple s’impatiente devant ce flou politique, les nouvelles alliances qui se tissent, les visées et la stratégie d’Ennahda et le degré d’implication et d’homogénéité de la nouvelle équipe.
Il serait illusoire de s’attendre à des miracles de ce nouveau gouvernement. Et il est presque caricatural de lui demander de trouver du travail aux chômeurs, de réduire le taux d’inflation, de s’attaquer à la cherté de la vie, d’activer la justice transitionnelle, de revoir la politique de santé, de réformer le système de l’éducation nationale et de bâtir une justice neutre et impartiale.
Le nouveau gouvernement doit être à l’écoute non pas de ses partisans mais de tout un peuple, résolument tourné vers les objectifs d’améliorer la sécurité des citoyens, de parer le pays contre les menaces terroristes, de pacifier le climat politique et de préparer un calendrier des prochaines échéances électorales.
Le premier épisode du règne Nahdaoui a été marqué par le nombre de scandales qui ont éclaboussé le parti, le climat de suspicion qui a accompagné son exercice hégémonique du pouvoir, la mollesse de ses partenaires plus collés aux portefeuilles qu’à leur mission d’intérêt national, la violence qui sévit et la prolifération de ces milices privées agissant en toute impunité.
La tâche d’Ali Laarayedh est de remettre le train de la transition démocratique sur les rails et de réamorcer sa course originelle; elle a certes peu de temps pour le faire mais doit absolument avoir la compétence, la volonté et le devoir d’envoyer des messages empreints d’espoir pour un peuple en proie au doute, à la peur et l’incertitude.
Jalel Jeddi
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