
Multipliant les sorties médiatiques, les meetings, les réunions et les manifestations populaires pour mobiliser ses troupes et faire démonstration de sa force et de sa popularité, Ennahda et sa filiale CPR se veulent rassurants, attachés au principe incontesté et incontestable de la légitimité, opposés à toute forme de violence et surtout jaloux des ministères et postes qui leur sont dévolus après les élections.
Les tribuns des deux Partis ont choisi d’occuper la rue pour rester au pouvoir et de mobiliser leurs troupes pour dénoncer l’ingérence française dans les affaires tunisiennes mais voila qu’ils semblent atteints d’amnésie quand Jacob Wells, ambassadeur de l’oncle Sam s’investit dans le processus de décision Nahdouis avec ses visites successives au leader du parti Rached Gannouchi, au premier Ministre Hamadi Jebali et au Ministre de l’Intérieur Ali Lariedh .
Il n’y a qu’à se référer aux déclarations des responsables politiques au pouvoir actuellement et relayées par leurs réseaux pour découvrir que tous ceux qui reçoivent ou sont reçus par des délégations étrangères sont ceux qui veulent déstabiliser le pays et sont classés dans la case de traitres et de mercenaires chargés d’agendas politiciens et ce traitement des récalcitrants nous rappelle les méthodes de l’ancien régime pour discréditer et dénigrer ses opposants et intellectuels.
La mobilisation des militants et sympathisants passent désormais par la calomnie, le sectarisme primaire et l’apologie de la violence et de la haine et les Partis au pouvoir se seraient bien passés de ces pratiques polémistes et de cette surenchère politicienne car les ténors qui jubilent aujourd’hui de leur intégrité et de leur indépendance squattaient dans un passé pas très lointain les capitales européennes, les ambassades étrangères et les organisations internationales pour solliciter leur aide et leur soutien contre l’ancien régime.
Ces maladresses, ces imperfections et ces pratiques douteuses pourraient sembler compréhensibles de la part de politiciens non avertis et dépourvus de militantisme opposant mais s’avèrent d’une extrême gravité quand leurs auteurs sont d’anciens opposants notoires ayant combattu le Parti unique , la dictature, le clientélisme, l’allégeance partisane ,le mélange douteux entre pouvoir et famille et l’étroitesse politicienne.
Hamadi Jebali voulait rompre définitivement avec ces pratiques et son initiative abondait dans le sens qu’un Parti au pouvoir se doit de gouverner le peuple dans son ensemble et que ses membres ont l’obligation d’êtres les Ministres de tous les Tunisiens et qu’on ne peut pas gouverner sereinement un pays quand on privilégie l’allégeance à la compétence et quand on crée des débats stériles qui troublent l’opinion, la désoriente et la divise entre Gouvernement de tous les Tunisiens et Gouvernement de partisans , de sympathisants, de descendants, de courtisans et d’opportunistes.
Jalel Jeddi
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