
Annoncé en grande pompe, « le Livre Noir » pensé et établi par le Président Moncef Marzouki et sa garde rapprochée de courtisans inféodés et d’imposteurs, sonne comme un réquisitoire et une tentative maladroite de falsification de l’histoire.
Le Président–Ecrivain, dépourvu de prérogatives, oisif à souhait, convaincu de son militantisme nombriliste et aveuglé par une vengeance maladive, dresse un scandaleux parallèle entre réflexions, travail journalistique, délation, compromission et convictions personnelles.
Pour un fervent défenseur des droits de l’homme et un apôtre de la liberté de penser, dénoncer des intellectuels, des universitaires, des journalistes, des sportifs, des artistes et des hommes d’affaires parce qu’ils ont appelé à voter Ben Ali en 2004 et 2009 (cas de Skander Souayah, Kais Ghodnane, Sofia Sadok, Saber Rebai…) et omettre d’incriminer ceux qui ont vanté par leurs écrits les réalisations de l’ère nouvelle et de l’ex première dame ( n’est-ce pas Mrs Moncef Marzouki lui-même vantant le mérite de Ben Ali en 1991 , Salah Attia faisant l’éloge de la première dame ,Tarek Kahlaoui collaborateur émérite de Sakhr El Matri et Nacer Chakroun , patron de GlobalNet anciennement proche du régime reconverti en bailleur de fond du CPR et de WAFA) relève de cette volonté sournoise de falsifier l’histoire de certains hommes et de blanchir la réputation d’autres.
Ce qui est présenté comme un livre est en réalité un triste réquisitoire et un pamphlet à travers lequel l’écrivain-président dresse un inventaire sélectif, vicieux et nauséabond pour régler ses comptes avec ses opposants notoires, exprimer de la meilleure des manières son narcissisme en se dessinant une réputation et une carrure de super militant ( 12 pages consacrées à sa carrière), s’attirer les faveurs de son nouveau mentor Kamel Eltaief qu’il présente comme l’une des plus grandes victimes de l’ancien régime ( alors que son propre parti le CPR et ses milices les LPR le traitent de Azlem) , caresser l’égo des Qataris en les présentant comme les seuls défenseurs de la liberté d’expression , diffamer et calomnier l’honneur des hommes en utilisant les notes secrètes sur leurs vies personnelles et minimiser le rôle de vrais militants qui ont croupi dans les geôles des années durant et qui ont été victimes de la persécution et de la répression( n’est-ce pas ses amis d’hier Nejib Chebbi, Hamma Hammami et ses compagnons d’aujourd’hui Samir Dilou, Ali Laareyedh et Jebali).
Les esprits libres et indépendants se dressent contre ce déchainement de haine, de déferlement de violence intellectuelle et cette cruauté malsaine et rappellent à l’écrivain –président-candidat que la mémoire des Tunisiens est peuplée de souvenirs des luttes difficiles , de résistance et des combats de tous les instants sur notre terre bénie, la Tunisie, de centaines et de milliers de vrais militants alors que d’autres imposteurs menaient la belle vie dans les salons feutrés de Paris, Londres et Doha.
Alors que la pays traverse une crise politique sans précédent et que tous les Tunisiens attendent l’activation de la Justice Transitionnelle, il est inadmissible de laisser le monopole de archives nationales aux seules mains d’un écrivain-président –candidat et de ses courtisans qui s’entrainent à jouer aux apprentis justiciers en flinguant sans sommation sur toutes les plumes libres et affranchies.
Nul ne sait quelles sont les motivations qui ont poussé le clan des imposteurs à écrire ce pamphlet mais sans doute les ripostes ne manqueront pas et on s’attend déjà à un déballage médiatique de la compromission manifeste des révolutionnaires de la 25 ème heure qui se sont travestis en défenseurs des vertus le lendemain du 14 Janvier 2011 et qui officient maintenant dans les hautes sphères des partis au pouvoir.
PS : La réplique de Robespierre à Danton pour résumer toute cette masturbation intellectuelle : « Nul n’est assez riche pour racheter son passé ».
Jalel JEDDI
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