
Acclamée comme la Révolution du Jasmin, donnée en exemple comme un modèle de transition et élément déclencheur des autres révolutions arabes, le soulèvement tunisien tarde à réaliser ses objectifs et à donner satisfaction à ceux qui en sont à l’origine.
Le soulèvement qui devait nous mener à la vraie démocratie laisse la place à un soupçon d’anarchie et de surenchère de violence et de calomnie, la révolution qui devait instaurer le gouvernement des lois, illustration suprême du principe de l’égalité, de la justice sociale, de la méritocratie, de l’enracinement des libertés et des devoirs et de la suprématie de l’intérêt national perd du terrain face à un gouvernement des hommes qui subsiste avec ses dérives ,ses injustices, son arrogance , ses allégeances ,ses récompenses, ses enrichissements ,ses injustices ,son clientélisme et son entêtement.
Le Jasmin, fleur d’été à l’odeur agréable et sensuelle, s’est transformé en épines, plante aux piqures douloureuses et nos chers compatriotes qui ont tant rêvé de lendemains meilleurs déchantent en voyant que leur chère et bien aimée révolution, a accouché d’un monstre appelé Violence, haine, rancœur et division.
L’amour de la Patrie, l’intérêt National, l’Unité du peuple deviennent vains devant l’ostentatoire appétit de pouvoir d’une nouvelle classe politique qui, pour se maintenir aux commandes de l’Etat ou pour y parvenir, nourrissent et cultivent une nouvelle forme de violence et de haine et feignent de s’occuper de ce pauvre peuple qui aspire et à juste titre à une répartition juste des richesses, à de la dignité et au respect.
Et face aux prix qui flambent, aux injustices qui se creusent, au régionalisme qui s’enracine , à la haine qui s’installe, au clientélisme qui persiste et aux nominations douteuses et arbitraires , nos politiques , gouvernants et opposants continuent à nous berner par de faux débats d’identité , d’épuration ,de modèle sociétal et face à nos valeureux gardiens de la Révolution et face à la violence qui se normalise, au terrorisme qui nous guette, à nos frontières qui deviennent perméables, nos chers gardiens de la Révolution continuent à briller par leur absence et leur inaction et au lieu de les voir sur le front prêter main forte à notre valeureuse armée et police , on les voit dans le confort de la capitale dénoncer et calomnier leur adversaire .
Le rêve fut de courte durée et le réveil fut brutal avec ce scenario cauchemardesque dans lequel les principaux acteurs de la révolution qui ont payé de leur vie et de leur sang le dénouement de leur lutte se retrouvent avec des épines plein le corps et les spectateurs qui profitent des fastes de la république et qui dorment dans des draps ornés de pétales de Jasmin.
Jalel Jeddi
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