
Depuis sa première nomination au poste de ministre, le 27 octobre 1987, en qualité de ministre délégué auprès du Premier ministre de l’époque, Ben Ali,
M. Mohamed Ghannouchi a toujours été ministre dans le régime du Président déchu et avait fini par accéder, le 17 novembre 1999, au poste de Premier Ministre.
Malgré ses 23 ans au gouvernement, dont 11 ans en tant que Premier Ministre, M. Mohamed Ghannouchi, que certains décrivent comme le fidèle serviteur de Ben Ali, n’est pas du tout connu.
Très peu d’interventions en public certes, mais ce dernier aura influencé (à l’insu de son plein gré) la vie politique et surtout économique de la Tunisie.
Ce licencié en sciences économiques savait très bien qu’il était très mauvais, économiquement, de privatiser dans un système autocratique. Cela ne l’a pas empêché de donner son accord et signer la privatisation de dizaines ou plutôt de plusieurs dizaines d’entreprises publiques.
En effet, la Commission d’Assainissement et de Restructuration des Entreprises à Participations Publiques (CAREPP), plus haute structure chargée de la privatisation, était présidée pendant 11 ans par M. Mohamed Ghannouchi. Et à aucun moment l’ancien Premier Ministre ne s’est opposé à n’importe quelle opération de privatisation au profit des membres de l’ex famille régnante.
Ce n’est qu’après le départ de Ben Ali que les tunisiens ont découvert un monsieur qui ne prend presque jamais d’initiatives. un homme, peut-être intègre, mais surtout passif qui manque de personnalité, pour un chef de Gouvernement.
D’ailleurs, lors de ses interventions post 14 janvier 2011, M. Ghannouchi, s’est toujours contenté de timides garanties délivrées au compte-gouttes enjolivées par des discours affectifs.
Cette passivité de l’ancien Premier Ministre, a été confirmée après la fuite de Ben Ali. En effet, M. Ghannouchi, n’a pas pris d’initiatives pour éviter le vide. Et ce n’est que suite à l’initiative du colonel Salem Sik Salem qui a convoqué M. Ghannouchi, au Palais de Carthage pour décider de ce qui devait être fait, que la Tunisie a rapidement trouvé un intérimaire.
Enfin, lors d’une conférence de presse tenue, lundi 8 août 2011, par M. Samir Tarhouni, chef de la Brigade anti-terroriste, ce dernier a indiqué que 5 minutes après le fameux passage télé de M. Ghannouchi au cours duquel il avait annoncé qu’il devenait Président par intérim selon l’article 56 de la constitution, l’ancien Premier ministre appelle M. Tarhouni.
Probablement convaincu d’un coup d’Etat, et pour éviter (comme d’habitude) les problèmes, M. Ghannouchi aurait téléphoné à Samir Tarhouni et lui aurait dit selon la version du chef de la BAT: « dans votre programme, est ce que c’est vous qui allez prendre les rênes du pays ou est ce que vous avez une autre personne à proposer ? » et M. Tarhouni de répondre, « notre mission s’est achevée après avoir arrêté une mafia et l’avoir délivré aux militaires. »
En agissant ainsi, M. Ghannouchi a eu peur pour sa vie et c’est compréhensible. Seulement la question que l’on pourrait se poser est la suivante: ce Monsieur qui a été pendant plus de 23 ans au gouvernement, aurait-il eu peur pour sa Tunisie à cet instant ? Que serait-il passé si par cupidité M. Tarhouni avait dit oui ?
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