
En désespoir de cause, Mohamed Bouazizi s’était immolé par le feu… Ce citoyen de Tajerouine (gouvernorat du Kef), a trouvé une autre idée tout aussi absurde et aberrante pour attirer l’attention et exprimer son ras le bol, celle de hisser un drapeau israélien au sommet de la délégation.
Cela faisait déjà un mois qu’il protestait devant ladite délégation, quémandant un toit pour dormir et un kiosque à journaux et à cigarettes pour travailler. Mais apparemment, on était resté sourd à ses demandes du côté de la délégation de Tajerouine.
Dans un geste de décontenancement, et à la surprise de tous les présents et passants, il s’en va chercher un drapeau israélien qu’il hisse sur le toit de la délégation comme pour évoquer la cruauté des décideurs en son sein.
Rapidement, les autorités régionales rappliquent et exigent que le drapeau soit enlevé avant toute discussion ou négociation. Le citoyen obtempère en ôtant le drapeau israélien et en descendant de son piédestal.
Aussitôt, il est arrêté par les forces de l’ordre et placé en détention en attendant d’être présenté au procureur général du Kef. Mais, ce n’est pas au goût de sa famille et des habitants de Tajerouine qui s’empressent d’exprimer leur colère. A commencer par ce parent, qui s’asperge d’essence et menace de s’immoler si la police ne relâche pas son frère.
Afin de calmer la colère des protestataires, on décide de ramener le détenu vers Tajerouine. Mais là, dès sa descente du véhicule de police, le « poseur » de drapeau se met à crier, se plaignant d’avoir été torturé et frappé par les agents de police. La réaction des habitants est immédiate avec une pluie de pierres qui s’abat contre les forces de l’ordre, détruisant leur véhicule.
Face à cette situation tendue, à la pression de la rue et à la surprise générale, la police décide de libérer le désormais populaire contestataire et se contente de lui dresser un procès-verbal !
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