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Pourquoi en est-on arrivés là ? La Tunisie ne mérite pas ça !

13 août 2013
in Chroniques
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Les centaines de milliers de Tunisiens qui s’étaient rassemblés, avec un courage formidable, un certain 14 janvier 2011 dans toutes les rues du pays, pour sectionner le nerf d’un régime impitoyable et de ses acolytes, se voient aujourd’hui, scindés en deux clans frères-ennemis par nos politiques mal initiés à la bonne gouvernance.

Il y a ceux de la Kasbah, qui grondent pour la légitimité des urnes, et ceux du Bardo pour la légitimité du peuple. Mais en réalité, le peuple n’a jamais formulé ce type de demandes éminemment politiciennes, car au fond des cœurs des uns et des autres, meurtris par vingt-trois années de répression, bien  d’autres maux qui les ont jadis unis, grondent..

Aujourd’hui, deux années après la révolution, les Tunisiens sont divisés et l’âme en peine, ils ont l’impression d’errer dans un vide aux contours imprécis.

Révolutionnaires et contre-révolutionnaires, islamistes et laïcs, conservateurs et progressistes, tous affûtent les armes pour s’entre-déchirer, offrant ainsi au monde, un spectacle désolant de violence, et jettent aux oubliettes la vraie  fracture  qui continue  de s’élargir sur le corps saignant de la Nation…

Les cœurs des uns et des autres grondent aujourd’hui en disant tout bas:  « Nous voulons juste vivre dans la dignité ! Nous voulons que les prix baissent ! que les clients reviennent ! que justice soit faite ! que le peuple vive en paix ! que  le peuple se sente en sécurité !»

Les contours d’une difficile réconciliation nationale ont beaucoup de peine à se dessiner, pour sortir le pays de la violence, du terrorisme, et hanté par le spectre du chaos.

Entre une population en mal de patience, un gouvernement en mal de bonne gouvernance, une assemblée constituante en mal d’assurer les modalités de la transition dans un délai raisonnable, des médias en phase de rééducation fonctionnelle, un terrorisme qui veut élire domicile dans notre pays, des politiciens excités et épris de débats politiques enflammés et stériles qui enflamment les nerfs des tunisiens, le pays voit tarir son économie, tarir la confiance du peuple, tarir ses ressources, tarir ses emprunts, tarir sa notoriété.

L’occasion était unique. Mais la classe politique a érodé l’image du pays, déjà matraqué par l’actualité mondiale qui qualifie la Tunisie de destination qui fait peur. Un précieux capital de sympathie, offert par le courage des jeunes insurgés du 14 janvier, est, hélas, dilapidé et qui aurait pu être un des atouts pour sortir de la crise.

Aujourd’hui, le malaise social est grand. Le vrai Leadership est absent. Ce qu’il faut reprocher à la classe politique tunisienne, qui lorgne sur les prochaines élections, c’est d’avoir adopté les mauvais réflexes du mythe des chaises, du mythe du chef, du héros, du mythe de l’argent, du confort. Elle n’a pas su accompagner les vraies aspirations du peuple ; elle a plutôt mis de côté ses préoccupations même les plus urgentes…

L’intérêt national est dans l’éradication du terrorisme et de l’insécurité lancinante. L’intérêt national est aussi dans un ferme redressement économique et dans la finalisation du transitoire pour entrer dans la stabilité que les urnes offriront.

Si la Tunisie en arrive là, c’est la faute à ses enfants. La Tunisie ne peut pas se le permettre. La Tunisie ne le mérite pas.

Ferchichi Abdelhamid

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