
Alors que les élus de la Nation négocient les primes et les privilèges dus à l’énormité de la tache dont ils ont hérité pour écrire le fameux Dostour , les élites politiques débattent du régime politique à adopter, que Majless Choura du parti Ennahda se réunit pour dessiner les contours de sa Tunisie de demain, que Beji Caied Essebsi annonce tambours battants sa candidature pour les présidentielles et que la société civile se démène pour préserver ses acquis, une grave atrocité vient ébranler le pays.
Le terrorisme aveugle a encore frappé et l’explosion de mines dans les montagnes de Chaambi a eu un bilan lourd : 3 blessés graves parmi les forces de l’ordre avec amputation d’une jambe pour l’un et perte d’un œil pour l’autre et surtout l’entrée dans une nouvelle ère de violence et d’extrémisme qui présage le pire pour cette année de turbulences politiques avec les échéances électorales prévues.
La Tunisie post révolution aurait été faste pour ces nouveaux seigneurs de la terreur et les scènes de violence au nom de la religion se sont multipliées dans une indifférence totale, une impunité incompréhensible et une absence de stratégie de lutte douteuse.
Ce qui a été commis pendant ces deux dernières années au nom de ce fanatisme religieux est d’une horreur inqualifiable et reflète outre la complicité et la complaisance d’une partie politique, l’ignorance de ces nouveaux soldats de la mort des vraies valeurs de l’Islam qui sont l’amour, la paix, l’entraide et le pardon.
Accrochés à leurs propres préjugés importés d’un autre monde, abreuvés de haine et de refus de l’autre et endoctrinés pour considérer tout musulman normal comme ennemi, ces nouveaux mercenaires de la Religion , adeptes de la barbarie et de la brutalité, s’autoproclament défenseurs de valeurs qu’ils ignorent , cultivent par leurs méfaits l’extrémisme et le radicalisme et bafouent par leur violence et leur horreur une conscience collective ancrée.
L’amalgame s’amplifie et le fossé se creuse entre Islam et Extrémisme, entre Musulman pieux et sincère et Commerçant véreux de la religion, entre Imam prônant le savoir et les valeurs spirituelles et Sheikhs appelant à la haine et à l’exclusion et entre Savant véhiculant la noblesse et la grandeur de l’Islam et Ignorant instrumentalisé pour tuer et pour haïr.
On ne pourrait extraire cette recrudescence de la violence et cette nouvelle barbarie naissante des tiraillements idéologiques qui secouent le pays et de ce fléau wahhabite qui pollue la tête de plus en plus de jeunes désœuvrés. Ainsi quand un parti politique use de la violence pour intimider ses adversaires, qu’un leader politique est assassiné froidement , qu’un apprenti politique appelle au meurtre d’un adversaire sans qu’il soit inquiété, que des milices fleurissent et usurpent la fonction de policiers pour faire régner la terreur, que des Imams sont violentés en toute impunité et que la Tunisie devienne terre d’accueil des escrocs de la religion , on peut alors parler de la nouvelle ère de la barbarie , présage d’une nouvelle Dictature de l’Horreur nourrie par les meurtres , le racket, le trafic, la violence , la perversité et l’atteinte à l’intégrité morale et physique des personnes.
La Tunisie porte désormais les stigmates de cette nouvelle horreur et les victimes de cette barbarie se compte par dizaines dans un climat ou se mêlent escroquerie intellectuelle et religieuse, laxisme, complaisance et complicité politique, prolifération de gourous, impunité et absence de volonté et de stratégie d’éradiquer cette violence et ces atteintes.
Un Etat qui se respecte se doit de veiller à la sécurité de ses citoyens et de ses agents et il est impératif d’arrêter cette escalade de la barbarie, d’adopter une nouvelle stratégie sécuritaire et de doter notre police et notre armée de moyens pour lutter contre ce terrorisme barbare et cet extrémisme nocif.
Jalel JEDDI
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