
Le déficit commercial de la Tunisie a augmenté de 70% entre les premiers trimestres 2011 et 2012, pour atteindre 2,6 Milliards Dinars, faisant
ainsi chuter le taux de couverture de 79% à 71% (sources INS). Ce déficit résulte, selon l’INS, d’une progression des importations de 21,6% à 9,1 MdD, alors que les exportations n’avaient évolué que de 9,1%, à 6,4 MdD.
D’après Espace Manager la hausse des importations est imputable à la progression des achats dans tous les secteurs, notamment des matières premières et des produits semi-manufacturés (+12,8%), des biens d’équipement (+23,7%), ainsi qu’à l’augmentation des importations des produits de consommation non alimentaires (+ 26,8%).
Si la croissance des importations d’équipement, de matières premières et de semi-produits est rassurante vu qu’elle traduit une reprise des investissements et de la production industrielle, celle des produits de consommation non alimentaire est préoccupante.
Que Faut-il faire alors pour maîtriser cette hémorragie ?
Il est vrai que les Grands Équilibres constituent l’une des priorités à gérer, d’autant plus que nous supportons une dette extérieure de 22 Milliards US$ et que notre plan de développement appelle la levée d’importantes ressources extérieures si nous n’arrivions pas à équilibrer notre balance commerciale, voire à dégager un excédent susceptible d’amortir la pression du service de la dette extérieure.
Le Professeur Mohamed Mabrouk avait souligné dans un papier datant de Mai 2011 que la maitrise de notre balance des paiements passe par une gestion rationnelle de nos importations et une redynamisation de nos exportations. Il avait ainsi démontré que si nous nous limitions aux importations vitales (alimentations, médicaments, équipements, pièces de rechange, …) et que si nous taillions dans les importations superflues ou de luxe, notre balance commerciale deviendrait excédentaire même si nous ne tenions compte des exportations récurrentes.
Par conséquent, notre salut commence par la maîtrise de nos importations, ce qui procurera plusieurs avantages :
– Réanimation des PMI ayant souffert des importations dumping massives, en provenance d’Asie;
– Incitation à la réalisation de nouveaux projets industriels créateurs d’emplois;
– Redressement des réserves en devises auprès de la BCT (actuellement au niveau le plus bas depuis 1986);
– Meilleure gestion de notre endettement extérieur, à la faveur d’un arbitrage moins contraignant.
D’ailleurs, tous les pays ayant pu renverser la vapeur au niveau de leurs machines économiques, sans accepter d’être criblés de dettes extérieures, se sont braqués sur l’optimisation de leur balance commerciale pour propulser les exports et rationaliser les imports : Chine, Brésil, Malaisie, Turquie.
Pour prendre le cas de la Turquie, il y a lieu de rappeler que les exportations turques n’étaient que de 3 Milliards US$ en 1980, et ont atteint 130 Milliards US$ en 2011. D’ailleurs, même ses exportations sur les pays Arabes ont plus que triplé pendant les 10 dernières années, atteignant 40 Milliards US$ en 2011. En outres, les autorités Turques projettent d’atteindre le seuil des 500 Milliards US$ en 2023 (1er centenaire de la République Turque).
A présent, nous gagnerions à atténuer nos importations en voitures (principale famille ayant accentué la flambée des imports en produits de consommation non alimentaires), à moins qu’on puisse reconsidérer le cahier des charges en consolidant le taux de compensation de 50% à 70% (par exemple) et en exigeant aux constructeurs automobiles la participation à la réalisation d’investissements industriels orientés à l’exportation.
Par ailleurs, nous devrions focaliser nos efforts dans la prospection et la mise en valeur des richesses naturelles : hydrocarbures, minerais, saumures, produits de carrières, fibres végétales, plantes aromatique ou médicinales, … En fait, plusieurs ressources naturelles ont été soit pillées par l’ancien régime, soit délaissées par ses services loyaux.
Comme DIEU fait bien les choses, la plupart de ces ressources naturelles existent dans les régions déshéritées, d’où la révolution a éclaté pour amplification de la disparité régionale, aggravation du chômage, exclusion et injustice sociale. En d’autres termes, nous n’avons plus à nous inquiéter pour promouvoir des projets exportateurs de mise en valeur de ces richesses :
– Transformation des fibres végétales par des jeunes promoteurs en petits métiers et en artisanat;
– Extraction de produits de carrières : calcaires, argile, pierre marbrée, gypse, sable siliceux, …
– Traitement et Distillation des plantes aromatiques et médicinales;
– Traitement et transformation chimique des saumures et des minerais;
– Implantation au sud de centrales photo-thermiques, intégrées à des centres de production agroalimentaires;
– Implantation au sud de concentrateurs d’énergie solaire pour la production à l’export d’électricité;
– Implantation au sud d’unités de dessalement d’eau de mer ou de forage par énergie solaire.
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