
Un extrait de 13 minutes mis en ligne il y a plus d’un an sur YouTube a mis le feu aux poudres dans le monde arabe, causant au passage la mort de quatre diplomates américains. Ce film islamophobe, « Innocence of Muslims », d’une durée de deux heures a fait, en 24 heures, le tour de la Toile.
« Innocence of Muslims », ce film amateur de mauvaise facture était destiné à aller rejoindre les navets du cinéma américain. Des anonymes ont changé le cours des choses lorsqu’ils ont décidé de le traduire en dialecte égyptien. Cette version en arabe a circulé ces derniers jours sur le site de micro-blogging Twitter, puis sur les chaînes d’information arabes, et égyptiennes notamment.
Pendant plusieurs jours, les médias égyptiens ont diffusé des extraits du film et invité des représentants musulmans ultraconservateurs, qui l’ont dénoncé. Morris Sadek a été accusé d’en être l’instigateur.
La bande-annonce de 13 minutes en anglais diffusée sur YouTube s’ouvre sur une scène où les forces de sécurité égyptiennes restent stoïques, alors que des musulmans pillent et brûlent les maisons de coptes égyptiens. L’histoire nous emmène alors à l’époque du Prophète Mohamed, où celui-ci est décrit comme une personne dotée de nombreuses tares.
Ce film s’achève par une scène caricaturale, lorsque brandissant un glaive ensanglanté, le Prophète Mohamed hurle que «tous les non-croyants sont des infidèles».
Dans ce film insultant de deux heures, dont un extrait de 13 minutes a été mis en ligne il y a plus d’un an, le 12 juillet 2011, sur le site de partage vidéo YouTube, par un illustre inconnu nommé Sam Bacile, tout sonne faux: l’amateurisme manifeste de l’acteur principal, la réalisation bâclée, et des images mal filmées, mal jouées et incohérentes.
D’après Sam Bacile, joint au téléphone par l’agence Associated Press, le film en version complète aurait été projeté un soir dans un cinéma quasi vide de Hollywood. Sam Bacile, si c’est son vrai nom, présenté comme un agent immobilier en Californie, «Juif israélien» autoproclamé, âgé de 52 ou 56 ans selon les sources, aurait disparu de la circulation mardi 11 septembre, craignant pour sa vie, tout comme d’autres membres de sa famille en Egypte.

D’après le Wall Street Journal, il aurait convaincu «une centaine de donateurs juifs» de lui allouer 5 millions de dollars pour tourner ce film.
Réalisé en trois mois durant l’été 2011, la réalisation aurait mobilisé 65 comédiens et 45 techniciens.
Tandis que tous les médias américains s’efforçaient mercredi de joindre le réalisateur aux abois, ses brefs propos recueillis par Associated Press, tout aussi incohérents que son film, étaient reproduits en boucle: «L’Islam est un cancer, aurait-il déclaré. C’est un film politique, pas un religieux. C’est une production américaine, qui ne vise pas à attaquer les musulmans, mais à montrer l’idéologie destructrice qu’est l’Islam.»
Sam Bacile dit avoir voulu aider Israël, son pays d’origine, en montrant au monde les défauts de l’islam. « Le principal problème est que je suis le premier à mettre à l’écran quelqu’un qui représente le Prophète Mohamet. Ça les rend fou, s’est défendu Sam Bacile. Mais nous devons ouvrir les vannes. Après le 11-Septembre, tout le monde doit être jugé, même Jésus, même Mohamed, a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ont perdu beaucoup d’argent et de personnes dans leurs guerres en Irak et en Afghanistan, mais nous nous battons avec des idées », a-t-il déclaré au Sacramento Bee.
Sam Bacile a pu compter sur de nombreux soutiens aux Etats-Unis connues pour leur position anti-islam, comme celui du très controversé pasteur Terry Jones.
L’œuvre de Sam Bacile a également reçu le soutien aux Etats-Unis de membres conservateurs de la communauté copte, à l’instar de Morris Sadek, à la tête d’un petit groupe appelé « L’Assemblée nationale copte américaine ». Cet Egyptien copte, lui-même très connu aux Etats-Unis pour ses positions anti-islam.
Agences
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