
Après quelque vingt-deux mois d’exercice du pouvoir émaillés de controverses, d’insécurité, de crises politique et économique, de bourdes monumentales, de mauvaise gestion des crises ou même d’inertie quelquefois, le gouvernement de la Troïka va finalement laisser la place à un gouvernement de technocrates qui aura la lourde tache de gérer le pays dans cette dernière phase transitoire et de préparer les prochaines élections.
Mais pour certains, ce n’est pas le gouvernement qui doit partir seul et il est temps pour le Président Moncef Marzouki de céder le fauteuil, surtout s’il compte se présenter lors des prochaines élections.
Lui, dont l’arrivée au pouvoir était considérée au début comme une « bénédiction », s’est révélé au fil du temps un piètre dirigeant.
Aussi bien dans le domaine politique, économique, sécuritaire que de sa relation avec l’opposition, le président de la République est loin de faire le consensus dans sa gestion du pays. A-t-il porté un costume beaucoup trop large pour ses frêles épaules? Si ce n’est pas le cas, ça y ressemble.
Même s’il ne dispose pas de réelles prérogatives, Marzouki, devenu le bouc-émissaire des mécontents et des râleurs, a réussi à se mettre à dos la majeure partie de la classe politique et même des citoyens lambda.
Au-delà des exagérations de certaines critiques qui s’attardent sur son physique et son statut social (non respect du protocole, ses lunettes, son surnom de « tartour » et autres moqueries anodines…), il y a lieu de reconnaître que le Président Marzouki ( tout comme le gouvernement démissionnaire) a échoué aussi bien sur le plan de la responsabilité que sur le plan moral.
Malgré des études brillantes et un parcours militant salutaire, l’homme aux lunettes « has been » n’a pas su redorer l’image présidentielle, ni même réinventer une figure de leader charismatique et audacieux.
Par certains de ses choix controversés, ses promesses non tenues, sa mollesse, ses décisions inappropriées, Marzouki, qui ne cesse de s’enfermer dans sa tour d’ivoire, doit assumer sa part de responsabilité dans cet échec.
C’est pour cela que le président ne doit pas chercher à rempiler. Et si par faute politique, il décide de s’accrocher au fauteuil, il doit être conscient que moralement il doit impérativement démissionner avant les prochaines élections s’il a l’intention de se présenter, et ce pour ne pas user de sa fonction de chef d’Etat pendant la campagne électorale, surtout que le pays vit une phase transitoire délicate et unique.
Elhaj omar D.
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