
Il est vrai que le gouvernement provisoire de la « Troïka », dont les échecs se sont multipliés a perdu toute sa légitimité. Partant de ce fait indéniable, le gouvernement provisoire se doit de partir, mais pas pour le remplacer par de vrais faux « Technocrates Indépendants », l’indépendance politique étant un mot gâché dans nos contrées.
Ce nouveau gouvernement serait avalisé et soutenu par le « Quartette » à savoir: la Principale Organisation Syndicale; la Principale Organisation Patronale; l’Ordre des Avocats Tunisiens; et la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme.
L’historique Association des Magistrats Tunisiens (AMT) fondée en 1948 par un aréopage des meilleurs magistrats que la Tunisie n’ait jamais connus, a été volontairement écartée : UNE ERREUR STRATÉGIQUE.
Pour l’heure, la mouvance islamiste fait de la surenchère pour ne pas se faire balayer au prochain scrutin. Alors que le peuple assiste impuissant à un ballet politique qui le tient en haleine et des « Prétendants » au pouvoir qui commencent d’ores et déjà à baver.
Les Risques d’une Dictature Populiste
Ce que je redoute, c’est que ce nouveau gouvernement, soutenue par ce « Quartette », régnerait en maître absolu dans le pays, puisque cautionné par les quatre puissantes organisations, donc pratiquement indélogeable.
Un danger pour notre naissante démocratie, et la Tunisie risque de se trouver sous la férule d’une dictature au nom du peuple.
Les élections législatives seraient reportées, encore indéfiniment, sous le prétexte de sécuriser et stabiliser le pays: UN PROCESSUS QUI PEUT PRENDRE DE LONGUES ANNÉES !
En outre, inutile de le nier, nous savons toutes et tous que la Constitution n’est pas prête à voir le jour dans les mois qui viennent, suite aux déchirements politiques au sein de la constituante.
On aurait peut-être recours à un référendum populaire, si jamais un hypothétique consensus est atteint au sein de l’ANC. Un référendum dont l’issue est très improbable !
Dans le cas où le référendum rejette le projet de Constitution, le gouvernement provisoire ne partirait pas, faute de la tenue d’élections.
Un cercle vicieux fatidique dont les conséquences seraient désastreuses pour le pays. C’est un scénario à prévoir et à appréhender, car il conduirait indubitablement vers une dictature. DANS CE CAS, VERS QUI LE PEUPLE TUNISIEN VA SE TOURNER ?
Les Prémices d’une Solution
Dan ce contexte, je n’entrevoie qu’une solution à considérer sérieusement, et que j’avais présentée dans d’autres articles, et que je reprends ci-après :
-«DÉSIGNATION DE NOUVEAUX GOUVERNEURS»: Désigner des gouverneurs, voire les faire élire à l’échelle régionale par les représentants de tous les partis politiques, ce qui garantirait un minimum de transparence et d’impartialité dans les prochaines élections législatives.
-«MISE EN PLACE DE DIRECTOIRES»: Elire, voire désigner des « Comités Directeurs » dans chaque département ministériel, composés de cadres compétents de l’administration. Ces cadres représenteraient la tutelle et les structures qui en dépendent, sans primes ou émoluments supplémentaires….une expérience réussie en 1954.
-«APPUI AUX FORCES DE L’ORDRE»: Doter les forces de l’ordre des moyens matériels nécessaires, et je parle des syndicats, pour la lutte contre le terrorisme et combler les failles de sécurité et les mesures cosmétiques prises par le gouvernement provisoire, et mettre fin aux opérations de basse police afin d’assoir l’ordre public tout en sécurisant l’environnement du pays….
EN ATTENDANT, LE TUNISIEN EST AUJOURD’HUI ENTRE LE MARTEAU DES EXACTIONS DU RÉGIME EN PLACE, QUI VEUT FAIRE PLANER LA MENACE D’UN RECOURS A LA FORCE, ET L’ENCLUME D’UNE OPPOSITION AUSSI RÉFRACTAIRE QUE FRAGILE.
Dr Farouk Ben Ammar
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