A l’époque du gouvernement de Béji Caïd Essebsi cinq « autorisations provisoires » (encore) de diffusion de chaines de télévisions ont été accordées à des promoteurs Tunisiens.
Ces accords de diffusion provisoire, ont fait suite à des consultation de l’ex-Instance Nationale pour la réforme de l’information et de la Communication (INRIC), (qui a par la suite annoncé sa démission et « gelé » ses activités, bien que dissoute de facto).
Ces accords ont bien sur été accordés, suite à des travaux d’évaluation, des ateliers de recherche, une grille professionnelle, des filtres hautement techniques, des experts internationaux et extraterrestres, les « Maayir Dawlia », sous les applaudissements des « ahrar el Ilem », les aides d’ONG forts soucieuses de la Révolution Tunisienne.
Bref tout un arsenal d’auto-glorification, d’égo surdimensionné et d’autosatisfaction à caractère hermaphrodite, réinventant la création, finit par nous pondre une liste de chaines -candidates qui n’arrivent pas à décoller ni à même de miroiter un signe de vie. Quelle belle réussite!!! 100% de fines prévisions, Outre le feu-nouveau-né décret-loi 116, tristement célèbre par son mélange des genres ne portant de régulation que son nom, s’octroyant un droit régalien, réducteur de libertés.
Bizarrement, en dehors de cette liste d’autorisés provisoirement, on voit fleurir des candidats écartés pour faible potentiel de réussite.
Tounesna TV, Zitouna, Al Janoubia… et beaucoup d’autres s’activent dans la construction de studios poursuivant la démarche buissonnière de Cactus-Atounissia (la plus forte audience pourtant). De la liaison satellite clandestine… aux facturations fallacieuses.
C’est le mode blackmarket de diffusion. Pourquoi ces errements, ce temps perdu, ces erreurs d’évaluation, ces distorsions de la loi… ?
A force de jouer à la guerre de positions, l’ex-INRIC s’est rapidement politisé et a perdu selon de nombreux observateurs aura, indépendance et professionnalisme.
Selon de nombreux observateurs, elle s’est laissé aller semble t-il, aux influences partisanes. Ce que l’on ne gagnera pas par les urnes, on le retiendra à travers la société civile et ses ..instances. D’ailleurs beaucoup de groupes s’y donnent avec détermination.
D’une politique de construction à une politique de positions et de ce fait, offre une situation de suspicion, de confrontation, de méprise, de statu quo et donc de No-mens-land. Ni « Hkouma » ni règles ni autorégulation.
Que de temps perdu, « Ihdar lel waqt el am ». Quel gâchis sous toutes ses formes et même aux dires de certains d’entre nous, quel « gachement », quelle « gachation ».
Tout ce beau bazar, nous fait penser au marché parallèle des influences et des activités de l’audiovisuel à un « Media Moncef Bey Store ». Toute une branche d’activité économique passe au noir, l’anarchique » Fawdhawi », à l’instar du commerce, du bâtiment et j’en passe.
Même L’office National de Télédiffusion (ONT) a vu ses attributions « détournées » par la loi du Bazar Médiatique Moncef Bey. Alors que l’office gère exclusivement les ondes pour le compte de l’agence nationale des fréquences (ANF).
La plupart des nouveaux opérateurs, autorisés ou non, contournent les offres de service de L’ONT et s’adressent pour la diffusion par satellite (SNG) aux sociétés non autorisées détenues par des étrangers (espagnols, jordaniens, français…) sur le marché noir.
Il parait que même le fameux direct de Douar Hicher entre dans cette gamme de contrebande en présence… du ministre de l’intérieur !!! Quel culot ? Le comble.
Une sphère où celui qui crie au plus fort a raison. Une légitimité vocifère, post révolutionnaire, transformée en pseudo légalité où tout acteur à l’image de tout citoyen agissant dans ses « droits » sans se soucier de l’autre versant de la citoyenneté: les devoirs, les obligations et la responsabilité envers autrui et envers ce pays.
Tout rappel à l’ordre républicain, à la légalité et au bon « chenche » (sens) comme dirait un certain Giscard, est repoussé par une série de refrains et de mélodies dignes des shtroumphs grognants.
Aujourd’hui on peut destituer un président, un ministre… un PDG, mais jamais critiquer le contenu d’une télé ou le rendu d’un animateur.
Ces maestros de générosité perdue dont certains politiques n’agissant que pour enfoncer une maladresse d’une équipe gouvernementale diabolisée perçue comme une erreur de jeunesse issue des urnes d’une communauté mineure ou plutôt d’un peuple provisoire « Mouaquat » en attendant que le vrai atterrisse.
Oct 2012 : Activation du 116 !!!
Double étonnement quant à l’activation du décret-loi 116 par la Troïka d’abord et quant au soulèvement d’opposants à son application, ceux là même qui ont organisés sa défense durant de long mois durant lesquels ils n’ont pas cessé de demander son application immédiate et qui lui trouvent aujourd’hui toute une série de distorsions.
Son activation aujourd’hui sera elle partielle ou intégrale; son mode opératoire, sa constitution et ses attributions ??
Son application, sous quelque forme que ça soit, sera elle durable ou transitionnelle jusqu’à l’approbation par l’ANC d’une nouvelle loi ou d’un 116 revisité de fond en comble?
Certains qui appelaient pendant des mois à l’application du 116, lui trouvent aujourd’hui plein de non sens. Va comprendre Charles.
Appel aux uns et aux autres !
Appel donc à l’autorité pour prendre ses responsabilités en main et secourir cette situation, la seule légitime/légale, donc responsable devant les citoyens jusqu’à l’échéance de nouvelles urnes, car ça urge, ça urge:
-Appel à l’autorité et aux prétendants à présenter des propositions d’une loi fondamentale à l’ANC relative aux libertés et à la communication.
-Appel à l’ANC afin de promulguer une loi portant sur la création d’une autorité de régulation, non de réglementation et non répressive favorisant l’autorégulation et l’épanouissement des libertés.
-Considérer le secteur d’activité audiovisuelle comme secteur stratégique, à l’instar du tourisme et de l’agriculture, bénéficiant d’un chapitre spécifique dans le nouveau code d’investissement.
-Favoriser l’épanouissement des sociétés de création, d’édition, de diffusion, de prestations de services..
-Planifier la création de Tunis-Médias-City muni d’une station de diffusion Terrienne, d’un code d’investissement spécial favorisant l’installation des chaînes et studios Arabes et Européens, débouché de notre jeunesse issue des multiples universités et centres de formation.
-Accorder sans délai des autorisations de diffusion Tv et Radio « Provisoires » dans les mêmes conditions que ceux attribuées par le gouvernement précédent en signant les mêmes cahiers de charges, l’évaluation et la régulation se feront dans légalité à postériori comme il se doit et non selon un jugement à priori.
-Appel à la création d’une structure dédiée à la communication extérieure qui s’activera autour de trois axes:
a) création d’un nouveau « Brand » Tunisie-postrevolution et validation des campagnes de communication destinées à l’étranger, effectués par les multiples organismes et ministères.
b) dresser une cartographie mondiale des centres d’intérêt Tunisophiles et Tunisophobes afin de pointer par actions adéquates les cibles du marketing pays.
c) Répertorier les élites Tunisiennes à l’étranger (universitaires, chercheurs, scientifiques, hommes d’affaires…) en communiquant faire partager leurs talents et leurs fruits de labeur avec nos universités, nos centres de recherche, notre industrie, notre agriculture.. Au lieu de » moatinina » qu’ils deviennent nos ambassadeurs.
Agissez de grâce, pour mettre un terme à ce cirque et organiser ce domaine
Rafik Amara (expert en communication)
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