
»La télévision publique: les garanties afin d’assurer son indépendance et sa neutralité ». Tel est le thème de la conférence internationale organisée aujourd’hui, jeudi 30 mai 2013 par l’Etablissement de la Télévision Tunisienne en collaboration avec l’UNESCO et la BBC.
Cette conférence, organisée à l’occasion de la commémoration du 47éme anniversaire du lancement de la télévision nationale, a vu la participation d’un nombre important d’experts tunisiens et étrangers dans le domaine de l’audio-visuel.
Elle a en outre vu la présence d’un nombre important de politiques dont le chef du Gouvernement Ali Laarayedh et la vice-présidente de l’ANC Mehrezia Laâbidi. Après avoir visité une exposition de photos relatant certains moments forts l’histoire de la Télévision Tunisiennes depuis sa création, le Chef du gouvernement, Ali Larayedh, a présidé la séance d’ouverture.
Dans son allocution, il a indiqué que son gouvernement fera tout pour encourager une presse tunisienne libre, crédible et responsable. Laarayedh a rappelé que les concertations ont été entamées depuis quelques semaines avec les associations représentant les différents corps des métiers de la presse, afin de résoudre les problèmes qui entravent la marche de ce secteur.
Le Chef du Gouvernement a insisté lors de son discours sur le fait que la réforme du secteur se fait en interne et que les journalistes ont un rôle important pour maintenir la neutralité de l’établissement public.
Concernant la télévision nationale, Laarayedh a souhaité la voir évoluer loin des pressions politiques rappelant que le respect de l’éthique par les journalistes est nécessaire pour assurer la neutralité et l’indépendance de cet établissement qui bénéficiera de tout le soutien nécessaire pour améliorer ses performances.
La PDG de la Télévision Tunisienne, Imen Bahroun Ben Mrad, a pour sa part rappelé que cet établissement a un rôle important en tant que média public neutre et indépendant. Elle a indiqué que la télévision Tunisienne a fait son mea culpa, avant de changer d’orientation et de ligne éditoriale avouant que « depuis sa création, elle a toujours été fâcheusement acculée à être un instrument de propagande politique ; une télévision dans laquelle le téléspectateur tunisien avait du mal à s’identifier car elle ne reflétait en rien ses préoccupations. Mais depuis le 14 janvier, la télévision a entamé sa propre révolution pour passer d’une télévision d’Etat à une télévision publique.»
La PDG n’a pas caché que la mission n’est pas du tout facile, précisant que le chemin est encore long, bien qu’elle se soit félicitée des acquis enregistrés, dont notamment la restructuration de la boîte et l’établissement pour la première fois de l’histoire de la Télévision d’une ligne éditoriale et d’un code de déontologie.
Lors des différents débats et ateliers qui ont suivi, il a été noté que l’établissement a fait bien des efforts au cours de cette deuxième étape pour devenir une vraie Télévision Publique. Ainsi l’ETT a fait appel à des compétences tunisiennes et étrangères, expertes dans le domaine de l’audiovisuel, à l’instar de la BBC, de CFI et de la Télévision allemande pour recycler ses journalistes.
Et maintenant que les journalistes sont libérés du joug du despote et que les médias ont droit à leur totale liberté de mouvement, la Télévision nationale vient d’enfanter la première mouture de son «code de déontologie» et «de sa ligne éditoriale.» Signalons que la Télévision Tunisienne a eu, lors de ce rendez-vous, la louable initiative d’inviter de nombreux responsables qui se sont relayés à la télévision tunisienne et qui y ont laissé leurs empreintes.
Abedelhamid Ferchichi
Discussion about this post