Homme d’affaires avisé et promoteur immobilier, Fethi Dammak fut incontestablement l’une des plus grandes victimes du régime déchu. Il en a vu de toutes les couleurs : menaces de mort, intimidations, un million de dinars exigé pour le 26-26, matraque fiscale, blocage des crédits
bancaires…
Gérant de sociétés immobilières, aussi bien en Tunisie, qu’en France et au Maroc, l’homme a souffert le martyre sous le règne de Ben Ali. Son calvaire commença en 1997. Il voulut construire l’immeuble Carrefour Ennajeh à Chouchet Radès, en face du palais de justice et du gouvernorat de Ben Arous… jusqu’à ce qu’un des Trabelsi entre en scène.
« Carrefour Ennajeh, un projet de 25 millions DT couvrant 15 mille m2, comprend des résidences, des bureaux et un centre commercial en plus des places de parking. Au début, le projet a été conçu pour un R+4 étages. Ensuite, conformément à la volonté et à la suggestion du gouverneur de Ben Arous, du délégué et du maire qui promouvaient la construction verticale, j’ai accepté leur proposition d’ajouter 2 ou 3 étages », rappelle-t-il avant d’ajouter.
« Un jour de l’année 2000, une proche de la famille régnante m’informe qu’un des Trabelsi voudrait s’associer avec moi, ce que j’ai décliné gentiment. Il est clair que cela fut un crime de lèse-majesté. »
C’est alors que l’administration fiscale lui tomba sur la tête avec un redressement fiscal de 1 million 139 dt. Outre la matraque fiscale, il eut droit à des menaces de mort, avant de se voir trainé devant les tribunaux pour plusieurs plaintes mensongères montées de toutes pièces.
Le harcèlement atteint le summum. Et le 18 décembre 2000, la municipalité retire son permis de construction et ordonne la démolition des deux derniers étages sous prétexte d’absence d’autorisation. La municipalité de Mégrine confia la basse besogne à un entrepreneur concurrent. Pire encore, l’entreprise de Fathi Dammak a été sommée de débourser 475 mille dinars de frais de démolition, alors qu’une décision de justice avait plafonné les mêmes frais à 45 mille dinars.
La scène de la démolition (ajouté aux actes de vandalisme et de saccage) était insoutenable. Alors que le projet était presque fini, on lui envoie les fameux anti-gangs, la protection civile, les brigades spéciales pour assurer la démolution…
Depuis, l’homme d’affaires ne cesse d’être malmené. Et ses cauchemars se poursuivent quand le ministère de l’Intérieur s’en mêle. Sa banque aussi. Cette dernière bloqua les prêts qu’elle lui avait alloués. Des procès sont intentés contre lui, de l’intérieur comme de l’extérieur du pays. Sans compter la peine de 6 mois qu’on lui colla.
Pour fuir les pressions et les menaces de mort, il s’installe en France et au Maroc. Depuis la révolution, Fathi Dammak est un homme heureux, il vient d’être rétabli dans ses droits, tout en reprenant avec la plus grande joie ses projets en Tunisie. Le projet immeuble Ennajeh a repris en force. Les travaux de finition sont sur le point d’être achevés et les ventes des appartements viennent même d’être lancées. La campagne publicitaire est en train de se préparer pour promouvoir les ventes de ces appartements à usage d’habitation, de bureaux ainsi que les locaux commerciaux .
Passé le cauchemar, l’homme d’affaires assure être en mesure de créer aujourd’hui plus de 2 mille emplois. Nous lui souhaitons bon vent.
Elhadj Oumar D.
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