
Une cinquantaine de Tunisiens noirs, rejoints par quelques Tunisiens « blancs », ont profité hier du 1er mai, fête du Travail, pour faire entendre leur voix. Munis de banderoles aux slogans révélateurs, les manifestants ont crié leur ras-le-bol contre le racisme et la discrimination dont ils sont victimes.
C’est une bien triste réalité. Et il faut être sourd et aveugle pour ne pas le constater. Les Noirs tunisiens sont relativement « invisibles ». Noyés dans la grande masse de « blancs », on ne les retrouve en grande majorité que dans les cafés ou exhibés comme des « porte-bonheur » dans les mariages. Mais quand il s’agit de postes de responsabilités, ils sont pratiquement relégués au second plan.
Connaissez-vous des ministres, des élus noirs, ou des gens haut placés dans l’administration, l’armée, la police, le commerce ou dans le monde des affaires… ou même, simplement de simples présentateurs à la télévision nationale»? Que nenni !
C’est donc tout naturellement qu’ils sont descendus dans la rue, hier, pour faire entendre leur voix, demander une égalité de droits et proscrire la ségrégation au travail.
Les manifestants sont allés jusqu’à demander une loi antiracisme en Tunisie. Ce qui, malgré la demande de certaines associations, fut ignoré par les textes de la nouvelle Constitution. Et pourtant et pourtant !

Dans les rues de Tunis, dans le métro, un peu partout, cette minorité ethnique continue d’être l’objet de toutes sortes de clichés et d’attributs réducteurs.
C’est que la persistance de la mentalité, qui fait de tout Noir un « esclave », continue à avoir la peau dure dans nos murs. Il suffit de s’arrêter seulement sur les terminologies.Pratiquement, tous les Noirs se font appeler guiraguira, kahlouch, oucif, sans que cela n’émeuve personne.
Pire même, nombreux sont ceux qui subissent un profond malaise quand ils se retrouvent insultés dans la rue par certaines gens qui, à la moindre incartade, n’hésitent pas à leur lancer à la figure: « yaa massakh ». Ne parlons même pas des enfants qui trouvent un malin plaisir à les arroser de coups de pierres, devant des parents indifférents. Et dire que nous sommes au XXIème siècle …!
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