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Le Conseil de sécurité débat de la reconnaissance unilatérale des États-Unis de la souveraineté israélienne sur le Golan

28 mars 2019
in International
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Réuni d’urgence à la demande de la République arabe syrienne pour une séance houleuse, le Conseil de sécurité a, ce soir, été informé de la situation dans le Golan, au lendemain de la décision du Gouvernement des États-Unis de reconnaître unilatéralement, le 25 mars dernier, la souveraineté d’Israël sur ce territoire syrien occupé, selon les résolutions pertinentes des Nations Unies.

« Nous espérons que les derniers développements ne seront pas utilisés comme excuse pour prendre des mesures de nature à saper la stabilité relative de la situation au Golan et au-delà », a déclaré la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques et à la consolidation de la paix, Mme Rosemary DiCarlo, qui a rappelé que la position de l’ONU sur la question est reflétée dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, dont les 242 (1967) et 497 (1981).

Si le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Jean-Pierre Lacroix, a noté que le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie est maintenu, en dépit d’un certain nombre de violations de l’Accord de 1974 sur le dégagement des forces, les États-Unis ont en revanche dénoncé la présence « quotidienne » des Forces armées syriennes dans la zone de séparation, que surveille la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement (FNUOD).

« Les États-Unis et ce Conseil ne peuvent accepter comme une nouvelle norme la présence syrienne dans la zone de séparation », a argué le représentant américain qui a appelé la Fédération de Russie à user de son influence auprès du « régime d’Assad » pour contraindre ses forces à s’en retirer « immédiatement ».  Le représentant russe a tout simplement jugé « inacceptable » que la dynamique positive observée jusqu’ici dans le Golan soit torpillée par des mesures unilatérales qui, a-t-il dénoncé, sapent l’assainissement politique en Syrie et représentent un obstacle majeur à la normalisation des relations entre Israël et les États arabes. 

À en croire le représentant des États-Unis, la décision du Président Donald Trump de reconnaître la souveraineté sur le Golan n’affecte pas l’Accord sur le dégagement, pas plus qu’elle ne porte atteinte au mandat de la FNUOD.  D’une importance cruciale sur les plans stratégique et sécuritaire pour l’État d’Israël, cette décision, a analysé le représentant américain, peut contribuer à la stabilité.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à ne pas « fermer les yeux sur les menaces du régime syrien, qui commet des atrocités, et de l’Iran et d’acteurs terroristes, dont le Hezbollah, qui cherchent à utiliser le plateau du Golan pour lancer des attaques contre Israël ». 

« Le Golan syrien occupé », a corrigé son homologue de la République arabe syrienne, en rejetant les termes « hauteurs » et « plateau », un champ lexical qui trahirait selon lui l’enjeu stratégique que ce territoire recouvre aux yeux d’Israël.  Les États-Unis sont un vaste pays, alors pourquoi ne cèderaient-ils pas un ou deux États, comme la Caroline du Nord ou la Caroline du Sud, « la terre natale de Lindsay Graham », a-t-il ironisé.

« Ce qui est pris par la force sera repris par la force », a mis en garde le délégué syrien, en ajoutant qu’Israël verra « comment nous recouvrerons les terres qui nous appartiennent ».  Pour lui, le « papier » signé par le Président américain et dont il a « fait cadeau » au Premier Ministre israélien n’a aucune valeur et « sonne le glas du rôle de médiateur » des États-Unis, qu’il a qualifiés de « pays ennemi », « hors-la-loi ». 

Son homologue d’Israël s’est inscrit en faux contre cette lecture, remerciant pour sa part les États-Unis d’avoir reconnu la souveraineté « éternelle » de son pays sur le Golan, garant de sa « survie ».  À qui l’ONU compte-t-elle « céder » le Golan? s’est-il interrogé.  « Aux factions jihadistes, aux milices chiites? »  Le délégué a avancé que le Président syrien lui-même aurait appelé le Hezbollah à utiliser ce « plateau » pour attaquer Israël.

« N’avez-vous pas honte?  Où étiez-vous lorsque votre gouvernement gazait des enfants?  Ou étiez-vous lorsqu’il lançait des barils d’explosifs contre la population?  N’avez-vous pas honte!? » s’est emporté le délégué israélien, qui a accusé son collègue syrien de complicité dans le « meurtre » de plusieurs centaines de milliers de Syriens.  « Honte à vous, Israël! » lui a rétorqué le représentant de la Syrie, en l’accusant de présenter l’occupation du Golan comme une nécessité sécuritaire au mépris de l’Histoire.

Comme tous les autres membres du Conseil, à l’exception des États-Unis, la France a indiqué qu’elle ne reconnaissait « absolument pas » la souveraineté israélienne sur le Golan.  « Toute tentative de s’écarter du droit international et des résolutions de ce Conseil pour y substituer des décisions unilatérales est vouée à l’échec », a-t-elle prévenu.

Jugeant inopportune la tenue de cette réunion, qui répond à une demande « profondément cynique » de la Syrie, l’Allemagne –opposée à l’annexion du Golan–, a dénoncé les « crimes atroces » d’un « régime » qui s’en prend à son propre peuple, jusqu’à utiliser contre lui des armes chimiques à maintes reprises.  L’ONU, « organisation dont mon pays est un membre fondateur », est née des cendres de la Seconde Guerre mondiale provoquée par la « lecture politique erronée » de l’Allemagne nazie, a rétorqué le représentant de la Syrie.

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