
Depuis l’indépendance la Tunisie s’est lancée dans le tourisme en venanten aide à tous les promoteurs, et ce afin d’assurer une capacité
hébergement suffisante. Ainsi et jusqu’aux debuts des années 70, les terrains etaient cédés pour le millime symbolique. En effet dans un monde ou le tourisme n’a commencé à se developper qu’apres la fin de la seconde guerre mondiale: Garantir une structure d’hébergement dans un pays disposant de belles plages et un soleil presque à longueur d’année était une condition sine qua none pour faire drainer les touristes en Tunisie.
Depuis ce temps le rôle de l’hôtelier s’est vu comprendre non seulement l’accueil et l’hébergement des touristes dans son établissement, mais aussi, la commercialisation de son unité et de son environnement.
Entretemps, le tourisme dans le monde a évolué alors que la Tunisie a conservé son image de Sun, Sea and Sand ou Sex comme vous voulez. Cet état de fait a engendré non pas un tourisme tunisien, mais juste de l’hôtellerie. Ainsi avec le développement de plusieurs genres de tourismes dans le monde (Sante, Vert, De Congres, Culturel, etc..), la Tunisie a essayé de coller à la roue en diversifiant son offre, ainsi on entend parler de tourisme culturel, de tourisme de sante, de tourisme de congres, etc… Malheureusement cette diversification a été mal entreprise.
En effet la grande partie de cette diversification a été menée par les hôteliers, et tourne autour des hôtels. Ainsi lorsqu’ailleurs on observe des centres de thalasso, des parcs d’attraction au coeur du projet, et en annexe on batit des structures d’hébergement de différentes catégories en fonction de l’attraction principale. En Tunisie, ce sont les hôteliers qui batissent des centres de thalasso, des centres de congres pour maximiser leurs occupations.
Ainsi, nous trouvons des hotels offrant des produits de prestiges mais vendus au rabais, car ils sont commercialisés toujours par les mêmes TO et agences qui leur ont collé une etiquette. De meme cet hôtel connu comme étant balneaire pour une categorie de gens, devient très difficile à rehausser son image pour arriver à le vendre à une autre catégorie de clientèles. Sans oublier que à chacun son metier, et un hôtelier ne peut s’improviser du jour au lendemain en gérant de centre d’affaires, comme ses commerciaux, auront pour priorite la maximisation de l’occupation au détriment du produit de luxe.
Un autre fait marquant intervint vers le début des années ’90, la Tunisie voulant garder la même part de marché à l’horizon 2000 que ce qu’elle detenait en ce temps dans le bassin méditerranéen, s’est vu conseillée de disposer d’un parc hôtelier de 200 mille lits en l’an 2000 et ce par souci de garder cette fameuse part de marché.
Ainsi le gouvernement s’est mis à encourager les jeunes promoteurs à raison d’un apport de 30% contre un prêt de 70% afin de construire des unités de 140 lits. Cette politique désastreuse a eu pour conséquence de voir des gens hors du métier se lancer dans l’hôtellerie et le tourisme, et on a vu par la suite toutes les tranches socio-professionnelles possibles (du medecin au vendeur de beignets) se lancer dans cette aventure.
Cette decision prise à la va-vite a engendré multitude de problèmes qui n’ont fait qu’engluer encore plus le tourisme tunisien et d’enraciner l’hôtellerie comme produit unique sinon majeur dans la politique touristique du pays. Quelles sont les consequences néfastes de cette decision ? :
– Des non-professionnels gérant des hôtels et faisant la promotion du produit touristique tunisien (je vous fais passe de tous les gags survenus entre ces gens et les TO)
– Des employés sous-formés débauchés par les nouveaux hôteliers et promus à des postes plus importants, imaginez un peu la qualité de service qui en a résulté.
– Des promoteurs poussés vers la faillite et à vendre leurs unités pour pouvoir rembourser leurs dues.
– Des bradages de prix incroyables, pronaient par des pseudo-commerciaux promus tel en l’absence de professionnels gerant l’avenir de leurs unités.
Aussi et au vu de cette petite rétrospective quelle image ou scène touristique dispose t-on en Tunisie en cette fameuse année 2011 ?
– Un noyau central qui est l’hôtel, et en annexe gravitent autour des activités satellites, ces mêmes produits qui devaient rehausser ou diversifier le tourisme tunisien ne sont en fait que des extras offerts aux clients des hôtels.
– Nous avons aussi un métier d’hôtelier qui fait le beau et le mauvais temps du tourisme en Tunisie. Un hotelier qui cherche le plus souvent à maximiser son occupation (son objectif numero 1 et c’est logique) plutôt qu’à donner plus de valeur aux atouts qu’il a rajouté (les centres de thalasso, de congres, etc..)
– Des centres de Thalasso, de Congres, des parcours de golf gérés par des hôteliers ou ayant des participation dans la société qui gère.
– Des étudiants formés dans les écoles de tourisme, en majorité ou le tout tourné vers les métiers de l’hôtellerie,
– Des Tour Operators offrant à leurs clientèles des séjours hôteliers pas plus
– Une marginilisation de notre patrimoine historique et culturel, qui est meconnu et mal proposé
– Un office du tourisme véhiculant une image de soleil, mer et famille heureuse profitant du charme de son sejour (A propos c’est une société en Belgique qui produit tout le materiel promotionnel pour tous les marchés, et chacun doit décliner dans sa langue, et ceci indépendamment des besoins des marchés)
– Des agences de voyages qui se trouvent à jouer les seconds rôles, en étant de simple representant de certains TO, donc par consequent au service du TO pour l’hôtellerie.
Est ce qu’on peut parler encore de tourisme ? Soyons honnête avec nous meme, nous ne disposons pas de tourisme, et nous n’avons non plus pas de politique touristique sur le moyen et le long terme. Aussi et pour faire la revolution de notre tourisme, il faudrait tout d’abord redéfinir les roles de chacun, et par la suite élaborer une politique avec des objectifs à atteindre sur le moyen et le long terme. La Tunisie peut ramener facilement les 10 a 12 millions de touristes, encore faut il proceder a une refonte totale.
Par Borhen Chair
Consultant International en Tourisme et Hôtellerie
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