
Un ancien politologue andalous du 14éme siècle disait éloquemment : « …اذا خان السفير بطل التدبير », dans notre contexte actuel je dirais : « Si votre
conseiller vous trahit, tout est perdu…»
Un champ de mines pour le gouvernement
Selon une étude sommaire, le gouvernement transitoire aurait nommé, en 2011, dix (10) fois plus de responsables que le gouvernement déchu n’en avait fait en 2010: Népotisme, Affiliations et Complaisance faisaient légion, à quelques exceptions prés, la compétence était un mot gâché.
Un véritable champ de mines administratif pour le gouvernement actuel: un cadeau d’adieu bien empoisonné. Les dégâts se font déjà sentir. Et dire qu’on voulait remercier ce gouvernement transitoire pour avoir mené le pays à « bon port », i.e., jusqu’aux élections du 23 Octobre 2011.
Pour illustrer mes propos, je citerais une anecdote, bien révélatrice :
Une respectable femme d’affaires me confia qu’elle avait concocté, dans ce contexte économique difficile, un marché de quelques millions d’Euros pour exporter vers l’Europe des produits agricoles.
Ayant dépassé le quota qui lui était octroyé par les services d’un ministère, que je ne citerais pas, elle demanda naturellement une dérogation, ce que le ministre lui accorda hésitation aucune. Une rentrée de devises serait la bienvenue.
Son dossier signé sous la main, elle se dirigea aux services chargés des exportations pour traiter le dossier, grande fut sa déception, quand elle fut désenchantée par les propos du directeur (Nommé en 2011) qui lui lança froidement ces propos vachards : « Madame, vous avez dépassé votre quota, allez voir le ministre qui vous a donné l’accord, et dites lui de traiter lui-même le dossier… ».
La gente dame était tétanisée, elle s’était sentie trahie : « …c’est du sabotage pur et simple… » me dit-elle. Des responsables qui œuvrent contre l’intérêt de la nation pour des raisons partisanes !…
Des erreurs ou des pièges ?
Je citerais aussi, les informations et données erronées que fournissent certains membres du gouvernement aux médias, informations qui leurs ont été fournies par leurs proches collaborateurs !
Un ministre qui se trompe sur l’étendue du littoral du pays, une donnée élémentaire que nos élèves du primaire ont appris dans le cours de géographie, un autre qui annonce des mesures qui s’avéreront par la suite inutiles, e.g, les tant polémisés « Prélèvements sur les Salaires », parce que mal estimés etc.… Un autre ministre fait allusion à un complot, un autre le dément ! Et les exemples ne manquent pas.
Sans omettre la valse des sondages contradictoires sur une multitude de sujets qui intéressent directement ou indirectement le citoyen.
J’ajouterais les vocalises, quasi-quotidiens des extrémistes, de gauche ou de droite, qui montent en fréquence, et qui semblent, au grand dam du citoyen, moins indisposer le gouvernement que les métaphores d’une opposition embryonnaire.
Pour couronner le tout, l’hémicycle de la constituante désormais en proie à des pugilats verbaux….des élu(e) prêt(e)s à en découdre !
Sans parler des récents événements et faits divers plus ou moins gravissimes, qui donnent l’impression, que le pouvoir veut enliser le pays dans des manœuvres dilatoires : Une fausse impression car ce n’est guère dans son intérêt.
Une multitude d’exemples pourraient être énumérés, j’en laisse le soin aux gens du métier : les journalistes.
Hélas, le gouvernement provisoire est acculé à accepter ces coups de semonce en grinçant les dents, non sans en tirer des leçons: Le pouvoir assagit, dit-on.
Des Solutions !
Ce que je constate avec affliction que toutes ces petites erreurs, en s’accumulant, ne peuvent que discréditer un gouvernement pourtant légitime et légitimé.
Sommes-nous en train de reconstruire un pays ou de tendre des pièges pour abattre un gouvernement ? Ces questionnements en rappellent d’autres, que je n’évoquerais pas dans cet espace.
On assume que le gouvernement va finir par s’essouffler après les rafales de vents d’indignation, à chaque incident, mais loin de là.
Quel que soit le parti majoritaire aux élections dont serait issu un gouvernement, ce dernier se doit de dénicher les compétences exclues au temps de l’ancien régime mafiocratique, des compétences nationales dont une partie est digne de confiance, bénéficiant d’une probité sans faille et d’un nationalisme abnégatoire, quelles que soient leurs orientations et obédiences politiques.
Aucun gouvernement ne peut avancer ni réussir avec une administration quasi-paralysante.
Pour conclure, je dirais qu’aucun gouvernement ayant le sentiment d’avoir un pistolet sous la tempe, et une épée de Damoclès sur la tête, ne peut accomplir la mission qui lui est dévolue, sauf si, puisse Dieu en préserver la Tunisie, il se mue subrepticement en une dictature.

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