
Son destin et celui de celles et de ceux qui se sont immolés après le 14 Janvier 2011 pourraient être comparés à celui de Mohamed Bouazizi, devenu le symbole de la contestation contre la précarité, la pauvreté, le désespoir et le désarroi d’une génération face à la passivité des pouvoirs en place à venir à bout des problèmes récurrents de chômage et de développement.
S’asperger d’essence et s’immoler devant des milliers de passants incrédules et en pleine avenue Habib Bourguiba, théâtre des combats politiciens stériles, tribune des orateurs politiciens venus enflammer les foules par les promesses et les discours pimpants et artère de la contestation populaire, n’est pas une mise en scène d’un jeune voulant jouer un rôle mais un signe lancé à l’adresse de tous ces nouveaux tribuns et ces gourous de la 25ème heure, que Ben Ali est parti sous la pression d’un peuple réclamant travail et dignité et que la jeunesse s’est mise à espérer mais hélas le rêve s’est brisé.Au lieu de s’atteler à redonner de l’espoir et à faire des propositions concrètes pour éradiquer la pauvreté et la misère, nos gouvernants s’ingénient à ignorer les préoccupations d’un peuple qui souffre pour l’embourber dans les méandres de considérations idéologiques d’un autre âge.
Ils sont des jeunes sans opinion politique et en se soulevant contre Ben Ali, ils ne réclamaient ni islamisation du pays, ni remise en cause du code de statut personnel, ni polygamie, ni port de voile obligatoire, ni ligues pour les protéger , ni imams pour leur apprendre la religion, ni gourous pour les emmener au jihad , ni débat pour un régime politique. Ils se sont insurgés contre le pillage des ressources de l’Etat, contre la domination d’un clan mafieux, contre le clientélisme et contre la dictature de quelques élus véreux.
Qu’avez-vous fait de ce pays avec cette légitimité? Recrudescence des cas d’immolation, aggravation de la misère, violence, assassinat politique, précarisation de la situation, dégradation du niveau de vie, blanchiment de carrière, clientélisme d’un autre genre, incompétence criarde récompensée, division et autorité de l’Etat bafouée.
Le bilan de la légitimité qui fait pavaner nos illustres élus et hommes politiques est équivoque, catastrophique et prouve, si besoin est, que cette révolution tunisienne n’a pas profité à ceux qui l’ont faite et qui ont payé le prix fort mais à ces politiques de la 25ème heure enivrés de pouvoir, ivres des fastes de la République et tellement décalés des vraies préoccupations du peuple Tunisien qu’ils connaitront le même sort que le dictateur déchu.
Jalel JEDDI
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