Suite à la publication de notre article intitulé: « non ce n’est pas la Fatiha qui nous a fait perdre, c’est plutôt nos pseudo-élites », nous avons reçu un certain nombre de réactions, les unes aussi divergentes que les autres. Etant donné qu’à Espacemanager, nous sommes ouverts au débat contradictoire, à condition qu’il se fasse dans le respect, nous publions sans changer un mot, cette réaction de Mohamed Sadok Lejri. Réaction qui n’engage bien évidemment que lui. La voici:
« Ma réponse à monsieur Cheker Berhima
L’intolérance manifestée contre le sélectionneur et les joueurs qui prient ne sera jamais aussi violente et haineuse que celle des bigots envers les laïques, les non croyants et les Tunisiens d’autres confessions de foi.
Les indignations exprimées par la « pseudo-élite » dont parle monsieur Berhima depuis la préparation pour la coupe du monde et leurs « railleries impies » passent aux yeux de certains pour un manque de respect des convictions religieuses des membres de la sélection tunisienne. En réalité, les gens qui en ont marre des tartufes exhibitionnistes et des simagrées bondieusardes ne s’immiscent pas dans les convictions personnelles des membres de l’équipe nationale de football, mais dénoncent la bigoterie ambiante et la forte emprise de la religion sur les mentalités, lesquelles renvoient au fatalisme musulman qui privilégie la prédestination et l’invocation permanente de Dieu au travail rigoureux.
Au lieu d’en faire un problème d’intolérance et de non-respect des convictions personnelles, il faut inciter nos sportifs à davantage de rigueur dans le travail à réaliser car aucun progrès ne nous sera possible sans beaucoup de rigueur. Cela est, bien entendu, valable pour tous les domaines : sport, science, économie, enseignement… Il faut donc de la rigueur dans le travail et la base de celle-ci, c’est l’accomplissement à chaque instant du devoir de l’instant. Or, l’absence de rigueur caractérise l’ensemble des sociétés sous-développées, à commencer par celles que l’on identifie comme arabo-musulmanes.
Prier Allah et implorer l’aide du prophète Mohamed pourraient permettre à notre ventripotent de sélectionneur et à ses poulains barbus et kératinés d’obtenir le salut de leur âme, mais pour réaliser une belle performance à la coupe du monde, il ne suffit pas d’accomplir pieusement ses saintes ablutions, de réciter la fatiha devant les caméras et de prononcer en boucle la chahada avant de tirer un penalty tel un condamné qui s’apprête à se faire fusiller… Il faut plus que ça. Un sportif d’envergure mondiale est, avant toutes choses, le résultat d’un projet patiemment conduit à bonne fin. Il est aussi le reflet d’une mentalité générale. »
Mohamed Sadok Lejri
Discussion about this post